292 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREelle s en seroit séparée naturellement, étoit proche, elleétoit dure, semblable à un parchemin très-mince; je n’yai pû appercevoir des fibres qui cuisent un arrangementrégulier.
Dès que cette peau est devenue coque, lors mêmequelle est encore blanche, elle a déja de la solidité; fi 011la preste, on juge que pour résister, autant quelle fait,surtout n'étant pas encore absolument sèche, il fautquelle soit épaisse; elle lest austì, & dans certains versdont nous parierons ailleurs, elle i’estau-delà de ce qu’onimagineroit, elle a autant d'épaisseur qu’un cuir & plus dedureté. La nature semble austì avoir songé à ménager àla peau de nos vers de la viande, une épaisseur telle qu’iíla lui falloit pour quelle pût devenir une coque solide.Nous sçavons que les chenilles changent de peau plu-sieurs fois dans leur vie avant que de se transformer; tousles insectes dont nous avons parlé, en changent plusieursfois, pendant que leur accroissement le fait; mais il esttrès à remarquer que tant que nos vers'de la viande vi-vent & croissent lotis leur forme de ver, ils ne se dé-font d’aucune peau, d’aucune dépouille, du moins nefuis je jam ais parvenu à leur en voir quitter, ni à en trou-ver qu ils eussent laissée. II n’eût pas été possible que lespeaux quittées par plusieurs centaines de vers dans le mê-me poudrier, métissent échappé; ces vers font apparem-ment d tns une seule fois 1 équivalent de ce que les che-nillles font quatre ou cinq fois dans leur vie. La peaiique le ver laisse, a peut-être feule l’épaisseur des quâ-tre à cinq peaux que les chenilles quittent successive-ment. La peau du ver lui est conservée pour qu elleait le temps de s'épaissir autant quelle en a besoin. En-fin l’épaisseur de la peau du ver est encore augmentéepar une autre circonstance ; après fa métamorphose i 1 a