34* MEMOIRES POUR L’HlSTOIRËsur le champ j’ai rendu ies corps de plusieurs de nosgrosses mouches bleues, aussi petits qu’ils i’étoient unedemi-heure auparavant, & cela en les perçant avec uneépingle; l’air en sortoit sur le champ avec bruit.
D’ailleurs ie mouvement des liqueurs qui devient plusprompt, Sc qui agit contre des parties encore molles Sccapables de céder, fait fur la plupart de celles qui com-posent l’insecte, quelque choie d équivalent à ce qu’il faitsur les ailes. Les mouvemens de dilatation Sc de contra-ction du crâne, fi utiles pour ouvrir la coque, ferventaussi apparemment à faire prendre au crâne-méme encoreflexible, l’extension qu’il doit avoir.
Mais, je le répété, 1 air est le principal agent employépar la mouche pour le développement de toutes ses par-ties; je fuis même assés tenté de croire qu’il a besoin d’êtreintroduit jusques dans les ailes, pour les obliger de se dé-plier. Ce qui me conduit à le soupçonner, c est que j’aiVit quelquefois de J air qui avoit pénétré en trop grande* PI. 24. 6Z. quantité dans 1 aile d’une mouche; l'aile alors * devenuea6« très-épaisse, ressembloit à une petite couche d’écume desavon ; l'aile avoit une espece d’hydropisie d’air. Ce sait m'aappris de plus que l’aile d’une mouche, toute mince qu’ellenous paroît, est composée de deux membranes qui peu-vent être séparées, quoique de les séparer soit une opé-ration qui surpasse notre adresse. La,même aile que j’avoisobservée pleine de bulles d’air, semblables à celles dusavon, est quelquefois devenue une espece de sac d uneépaisseur sensible, de plus d’une ligne en certains endroits*L’air qui avoit continué de s’y introduire après la forma-tion des bulles, avoit achevé de séparer les deux mem-branes dont l’aile est composée, d’en rompre tous lesliens. Mais ce qui m’a paru encore plus singulier, e estd’ayois yû une telle aile revenir en moins de vingt -quatre.