410 MEMOIRES POtTR L*HlSTOÏREvers; les membranes mufculeufes qui en font le contour,font capables d’extension. II y a telle mouche gníe, ducorps de laquelle on fera ainsi sortir plus de soixante àquatre-vingt vers en très-peu de temps.
Ordinairement c’estlatête du ver qui fe présente la pre-mière. 11 arrive pourtant quelquefois que c’est le derrièrequi sort le premier ; mais ce second cas n'arrive peut-êtreque lorsque les vers ne naissent pas ailés paisiblement, queiorfqu’on a pressé le ventre de la mere. Le premier deceux que je sis sortir un jour dune mouche que je tenoisun peu gênée entre mes doigts, commença par montrerson derrière, <Sc ce ne fut qu’en allant à reculons qu’il par-vint à naître, mais cependant aush vîte que si fa tête eûtmarché la première. Plus de cinquante vers sortirent en-suite sous mes yeux de la même mouche, Sc cela en trèspeu de temps, ils sortirent preíqu’en foule : parmi cescinquante vers, je n en observai que trois en comptantle premier, qui n’avoient pas commencé par faire paroî-tre leur tête. Quand i’ouverture qui permet aux vers desortir, a été élargie par plusieurs qui sont sortis ensemble,il arrive quelquefois qu’il y en a qui entraînent avec euxun paquet des membranes qui ci-devant leur avoient servid’enveloppes, & dont nous aurons encore occasion deparler ailleurs.
Lorfqu’on fçait combien tous les infectes font sujetsà nourrir dans leur corps des vers qui les mangent, lorf-qu’on fe rappelle le nombre des vers qu’on voit sortird’une chenille, qui quelques instans auparavant étoit très-vigoureuse, on est peu disposé à prendre tous les versqu’on voit sortir d’une mouche, pour fes propres en-fans, on a plus de penchant à les regarder comme f esplus cruels ennemis, & qui ont vécu aux dépens de fesparties intérieures. Ce qui fembleroit appuyer cette idée,
c’est