des Insectes. X . Mem < 4Z5
ÎI est donc extrêmement probable, & il n'est peut-être que trop vrai, que notre air est peuplé d’inlèctesailés; peut-être que ces petits insectes, del’exislence des-quels le commun des hommes ne s’avise pas même de sedouter, sont plus redoutables pour nous que ceux quenous connoiísons réellement pour venimeux, que lesscorpions, les tarentules, à. Certaines années peuventêtre beaucoup plus favorables que d’autres à leur multi-plication , comme il y a des années plus favorables à lamultiplication de diverses especes de chenilles, de sau-terelles, de mouches, de cousins, &c. Dans certaines an-nées l’air peut donc se trouver excessivement chargé deces petites mouches, & en être tellement chargé, qu’àchaque inspiration nous en faisions entrer dans nos poui-mons des milliers, & même des millions, avec l’air quisy introduit. Outre que nous ne respirons pas assés d airalors, nous respirons un air mal conditionné; nous le sai-sons même sortir plus pur de nos poulmons qu’il n’y estentré; la chaleur qui y régné est capable de faire périr furle champ les mouches mêlées avec l’air ; ou au moins cesmouches devenues incapables de se soûtenir avec leursailes, restent dans les cellules où elles font entrées ; elles nepeuvent y séjourner, s’y accumuler, s’y corrompre,fansque nous en souffrions. Bien des maladies épidémiquesqui attaquent toute une ville, & même une grande éten-due de pays en peu de temps, peuvent avoir une sem-blable cause. Que sçavons-nous si les rhumes, auxquelson a donné le nom de follettes, & qu’on a attribués àdes brouillards, n’ont pas été occasionnés par un air troppeuplé d’insectes î L’air n’entre pas seulement dans nospoulmons, il se mêle avec nos alimens, il passe dans no-tre estomach, & les corps étrangers dont il est rempli > Ypassent avec lui. Nous voyons les chenilles', les sauterellesTome IV . I ii