454 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREde moins vilaines matières : j’en ai trouvé dans des mares& dans des étangs ordinaires; j’en ai vû beaucoup naître& croître chés moi dans des baquets dont l’eau n’avoitpoint de mauvaise odeur, 6c qui m’om paru de la mêmeeípece que ceux que j’avois trouvés dans la boue la pluspuante.
D'autres vers aquatiques dont nous avons parlé dans ceVolume *, & ceux de plusieurs eípeces différentes dontnous avons parlé dans le volume précédent, ne quittentl’eau dans laquelle ils ont pris leur accroissement, que quandils deviennent ailés ; mais nos vers à queue de rat aban-donnent l’eau loríqu’ils sentent approcher le temps deleur métamorphose. L’insecte qui jusquesdà a constam-ment vécu dans seau, s’expose donc à marcher iur laterre; le voilà dans des pays qui lui doivent paroître biennouveaux, & où il ne trouve pas la même facilité à chan-ger de place, qu’il trou volt dans ceux qu’il habitoit au-paravant. íí traîne après lui fa queue, qui, quoique rac-courcie , est toujours très-longue, & qui ne sert plus guéresqu a i’embarrasser. Son corps Jì propre, si blanc & si trans-parent lorsqu’il étoit dans seau, devient bientôt opaque,íale & gril âtre; des grains de la terre contre laquelle leCorps frotte, s’y attachent, le ver en est bientôt tout íâli,& rendu grisâtre. Outre qu’il est sorti de seau toutmouillé, les pores de sii peau laissent échapper une li-queur gluante, très-propre à retenir des grains de terre.L’objet de fa marche est de trouver un endroit où il sepuisse métamorphoser commodément & en sûreté. Jepensai que pour en trouver un tel, il falloit qu’ii pénétrâtfous terre ; feus donc foin de mettre de la terre dans desboîtes, ou je renfermai des vers qui avoient abandonneseau. Ils ne restèrent pas long-temps fur la surface decette terre, celle que j’avois mise à leur disposition étoit