PREFACE. 30íví;
mere sût aidée de bonne heure dans Jes travaux íes piusnécessaires, auxquels elle ne pourroit suffire par la suite.Les mâles des guêpes ne font pas aussi paresseux que ceuxdes abeilles, ils sb chargent de divers foins dansl'intérieurdu guêpier; mais fart de bâtir, celui de faire des cellulesA f enveloppe qui les doit recouvrir, leur est inconnu. IIest très-amusant de voir des guêpes-mulets occupées àce dernier travail ; fi on veut s’en mettre à portée fansrisque, on logera, comme je f ai fait, des guêpiers dans desruches vitrées, semblables à celles ou son tient des abeilles.Dans les belles heures du jour on verra à tout moment ar-river au guêpier des mulets qui portent entre leurs dentsune petite boule : cette boule est d’une matière molle > depâte à papier. Chaque guêpe ne tarde pas à mettre la sienneen oeuvre, soit pour allonger un des pans d’une cellule,soit pour commencer la base d’une autre, soit pour ag-grandir un de ces ceintres de f assemblage defquels 1 en-veloppe est formée. La guêpe applique & colle fa petiteboule contre la piéce qu’elle veut étendre, elle la presteen fuite pour la réduire en lame. Si la lame qu’elle en fait,est un peu longue, elle va à reculons, & laisse en devant laportion qu’elle vient d’applatir; pour la rendre encore plusmince, elle retourne la prendre où elle favoit «sabord atta-chée, & ainsi à plusieurs reprises. C’est toujours avec uneVitesse surprenante qu’elle travaille. La petite boule estun amas de filaments assés courts & extrêmement fins,humectés d’une liqueur qui est propre à les coller en-semble. Notre papier est fait de linge & par conséquentde fibres de plantes : c’est du bois que les guêpes tirentles fibres dont elles composent le leur. Nous fçavons qu’iífaut faire rouir le lin Sc le chanvre, c’est-à-dire, les tenirdans seau pour mettre leurs fibres en état d’être déta-chées : les guêpes semblent sçayoir quelles ne peuvent