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Tome sixième.
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LIV
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liv P R E' F A C E.

du prodige qu’ils lui avoient fait voir, je ne pus leur re-fuser une place parmi les infectes aquatiques. L’Académieà qui je fçavois faire plaisir en les lui montrant, & à quij’en fis bien davantage en lui communiquant les curieusesobservations de M. Trembley, les regarda auífi commedes animaux. De concert avec M. Bernard de Juísieuqui en avoit observé aux environs de Paris, & fait dessineruneefpece du même genre, mais plus grande, & duneautre couleur, je leur imposai le nom de Polypes, parceque leurs cornes nous parurent analogues aux bras delanimal de mer qui est en possession de ce nom. M.Trembley l’adopta damant plus volontiers, que ses ob-servations assidues lui firent bien-tôt découvrir que cespetits corps ou polypes d’eau douce, étoient voraces, queleurs cornes étoient de vrais bras avec lesquels ils fça-voient attraper des insectes qui souvent n etoient guéresplus petits qu’eux, & qu’ils avaloient cependant toutentiers.

Les premiers que je reçus, périrent chés moi, peut-êtreparce que je ne íçus pas les nourrir ; mais M. Trembleyne tarda pas à in’en procurer d autres en état de soutenircette opération dont j’étois si impatient de voir le succès.II n est aucune expérience qui demande moins d appareil ;tout le réduit à couper un polype en deux transversale-ment, soit avec un canif, soit avec des ciseaux, enfinavec un outil tranchant quelconque, Sc à mettre les deuxparties qu on a séparées lune de f autre, dans un ou deuxpetits vases pleins d eau, mais peu profonds, où onpuisse les voir toutes les fois qu on le veut. II n’étoit dontpas possible de soupçonner que dans une expérience sisimple, quelque circonstance eut pu faire illusion, mêmeà un observateur beaucoup moins éclairé & moins attentifque M. Trembley. d avoue pourtant que lorsque je vis