PREFACE. îvi;
qu’il la poussa jusqu a faire une famille de vers, d’un seulVer haché en trente ou quarante morceaux. Le Pere Ma-zolleni Prêtre de i’Oratoire, grand amateur de shiíloircnaturelle, qui demeure à Rome, méritoit de sçavoir despremiers la singularité nouvellement découverte. II n’eutpas été plûtôt instruit par une de mes lettres, que d’unseul insecte on en pouvoít faire plusieurs, en diviíant soncorps en plusieurs parties, qu il coupa en trois des versaquatiques un peu moins grands que les vers de terreordinaires, mais qui d ailleurs leur font semblables : il eutbien-tôt le plaisir de voir la reproduction qui commençoità se faire dans chaque portion , & au moyen de laquelleelle devoit devenir un animal complet.
Après avoir rapporté ce que des Sçavants auxquels ondoit une pleine confiance, m ont appris qu ils avoient vu,je ne daignerois pas faire mention de ce que j'ai vu moi-meme, s'il ne s’agissoit que de prouver que la propriétéde devenir un animal complet, réside dans chaque portiondu corps de certains animaux, qu’un tronçon de leurcorps, quelque part qu’ií ait été pris, pousse par íòn boutantérieur une tête & une partie antérieure complet te, &qu’il pousse par i’autre bout une queue, ou une partiepostérieure ; mais on doit être curieux de sçavoir quellesfiant les eípeces, & sur tout quels font les genres d insectesauxquels une si singulière fécondité a été accordée. Jcl'ai trouvée à trois différentes especes de polypes, & peut-être ne manque-1-elle à aucune de celles d’un genred’animaux si aisé à caractériser par la bizarrerie de sa forme.11 n’est pas aussi facile de caractériser (au moins pour yparvenir fuidroit-il setendre plus que je ne me fuisproposé de le faire ici) les différentes especes de vers fansjambes, dont les unes ont une forme telle précisémentque celle des vers de terre, & dont les autres par la figureTome VI, fi