PREFACE. îxx
couvertes par les eaux de la mer, est bien autrementgrande que celle des especes qui se tiennent dans les eauxdouces : il étoit donc à présumer que non seulement ondevoit trouver des polypes dans la mer, mais qu on y endevoit trouver beaucoup plus d’especes qu’on n en avoitVu dans les eaux qui croupissent, ôt dans celles des rivièresdc des ruisseaux. JLes orties Sc les étoiles de mer ne furentPas le seul objet du voyage que fit M. Bernard de Justieusur les côtes de Normandie pendant les vacances de 1741,il s etoit íur-tout proposé de chercher à découvrir des es-peces de polypes. La recherche des polypes étoit aussi en-trée pour beaucoup dans la mission de M. Guettard fur lescôtes de Poitou. M. de Fonteneile * nous a dit de M. deTournefort, ilsemble qu autant qu d lepouvoìt , il transfor- t?0 pagetnoit tout en ce qu il aimait le mieux; des pierres même lesplus communes, il en vouloit faire des plantes. L’amourque M. Bernard de Juísieu a pour les plantes, n est pasmoins vif que celui que M. de Tournefbrt avoit pour elles ;mais c’est un amour plus équitable : il ne lui permit pasde balancer à faire une grande restitution au genre animal,quoiqtselle dût lúi être faite aux dépens du genre végétal.
Après avoir observé dans seau même de la mer, plusieursespeces de ces productions fi bien formées à la maniérédes plantes, il vit sortir des bouts de toutes leurs bran-ches & de tous leurs nœuds, ou de toutes leurs articula-tions, de petits animaux qui, comme les polypes à pén-iche d’eau douce, se donnoient tantôt plus, tantôtmoins de mouvement, qui comme ceux-ci s’épanouis-soient en certains temps, & qui dans d’autres rentraienten entier dans. leur petite cellule, hors de laquelle leurpartie postérieure ne se trouvoit jamais. Enfin, il reconnutque plusieurs especes de ces corps, dont chacun avoitExtérieur dune très -belle plante, netoient que des