I0O MEMOIRES POUR L’HlSTOIREabsolument tranquille, il jugea au moins qu’il pouvoit yavoir du naturel dans ie fait, & il crut devoir consulterson Chirurgien: celui-ci, quoiqu’habile dans fa profession,ne se trouva pas en état de donner des éclaircissements furun sujet qui n’avoit aucun rapport avec ceux qui avoientfait l’objet de les études; mais il indiqua M. l’Abbé Noliet,comme très-capable de décider fi i’Histoire naturelle n’of-froit point quelque chose de semblable à ce qu’on lui pré-sentoit. Ce sut donc sa réponse qui vallut à M. f AbbéNoliet une visite qui a servi à nsinstruire. Le Jardinier netarda pas à mettre fous ses yeux ces rouleaux de feuillesqu’il n’avoit pu soupçonner être faits que par main d’hom-me, & d’homme sorcier. Outre qu'un homme ordinairene lui sembíoit pas capable d’exécuter rien de pareil, àquoi bon les eût-il faits, & à quel dessein les eût-il enfouisdans la terre de la crête d’un sillon ! un sorcier seul pouvoitles avoir placés-là pour les faire servir à quelque maléfice.Heureusement queM. l’Abbé Noliet avoir chés lui d’autresespeces de rouleaux de feuilles artistement travaillés pardes searabés : il les montra au Jardinier, & l'assura qu’ilsétoient faits par des insectes, & que d’autres insectes étoientíàns doute les ouvriers de ceux qui lui causoient tant d’in-quiétude. II défit fur le champ quelques-uns des rouleauxqui avoient paru si redoutables au paysan qu’il avoir étébien éloigné doser chercher à porter ses regards dansleur intérieur; M. ì’Abbé tira un gros ver d’un de cesrouleaux. Dès que le paysan l’eut vû, son air sombre Scétonné disparut : un air de gayeté & de contentement serépandit sur son visage, comme s’il venoit detre tiré d’unaffreux péril. On lavoir effectivement délivré d’un pesantfardeau, en lui faisant voir qu’il n’avoit plus de sortilègeà craindre. M. l’Abbé Noliet ne lui demanda pour recon-poissance, que de laisser les rouleaux qu’il avoir apportés, Ôc
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