des Insectes. K Memf 143
elle en a bien dressé íes parois, elle songe à les tapisser.
Dès que jefçus que c’etoit avec des morceaux de feuillesde fleurs de coquelicot, il ne me fut pas difficile de dis-tinguer des autres les fleurs fur lesquelles des tapissièresavoient été s’en fournir. Je remarquai, & en très-grandnombre, de ces fleurs dont une * ou plusieurs de leurs * PI. iz.kg.feuilles avoient été entaillées : les contours de f entaille e 'étoient auffi nets que s’ils eussent été faits par un em-porte - piéce. En un mot, nos tapissières font aussi descoupeuses. Elles coupent des pièces dans les pétales desfleurs, avec une adresse semblable à celle des abeilles quicoupent des pièces dans des feuilles d arbres & d’arbustespour en construire les nids que nous avons admirés dans lemémoire précédent. Les figures des pièces que nos ta-pissières prennent dans íes pétales du coquelicot, tiennentde la figure d’une moitié d ovale*, comme quelques-unes * Fig. 7.de celles que les autres abeilles coupent dans des feuillesde rosier, de marronier, d’orme, &c.
La tapissière entre donc dans son trou avec la piécequ'elle a enlevée à une fleur de pavot ; elle í’a tient pliéeen deux, & malgré cela la piéce ne peut manquer de fechiffonner en frottant contre les parois d’une cavité étroite;mais la mouche ne l’a pas plûtôt conduite jufqu’à la pro-fondeur où elle la veut, qu’elle la déplie, 1’étend, & quelleRapplique uniment fur les parois. Les premières piècesqu elle employé font mises fur le fond du trou; au-dessusde celles-ci, elle en tend d autres, & cela successivementJufqu’à ce qu’elle soit parvenue à couvrir entièrement lasurface intérieure du trou, Sc même, comme nous lavonsdit, une étendue de quelques lignes tout autour de son ou-verture. Chaque piéce ne peut guéres tendre plus du tiersde la circonférence du trou, & dans la hautçur il y en apeut-être cinq à six les unes au-dessus des autres. Les fleurs