144 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREsur lesquelles ces abeilles vont les prendre, apprennentqu elles en employent de difïërentes grandeurs.
Ce n est pas apparemment parce que nos tapissièressont touchées de la beauté du rouge éclatant des fleursde coquelicot, qu’elles les employent par préférence auxfleurs de tant de plantes que la campagne met à leur dis-position. Leur choix paroît fondé sur une raison plus solide.II leur seroit difficile de trouver des pétales de quelquesautres fleurs, aussi grandes, qui fussent aussi minces &aussi flexibles, & par conséquent aussi aisées à appliquerparfaitement contre les parois du trou. Chaque morceaude fleur de coquelicot ne donne pourtant pas aux paroisde terre, une couverture assés épaisse au gré de la mou-che: j'ai enlevé jusqu’à quatre couches de fleurs, de dessusle fond d’un trou, & je n’en ai jamais trouvé moins dedeux ajustées fur les parois cylindriques. Une feuille quiaurpit l'épaisseur de deux, & même de quatre pétales depavot, ne seroit pas difficile à trouver à notre abeille, maiselle ne répondroit pas à ses- vues; ces feuilles épaisses n’au-roient pas une flexibilité pareille à celle des autres. D’ail-íeurs, comme les jointures doivent être couvertes, il fautemployer au moins deux lits de feuilles, ce qui rendroitles recouvrements trop épais, si les feuilles étoient épaisses.* PI. 13.6g. Les morceaux de fleurs * qui tapissent en dehors lesì.rrr. bords du trou, font partie d’une grande piéce qui estappliquée fur les parois intérieures : elle y a été ajustéed'abord de façon quelle s’éíevoit de quelques lignes au-dessus de l’entrée du trou ; la portion excédente a étéensuite repliée sur le bord, & étendue sur le terréin plat.Quoique l’abeille coupe ordinairement des pièces de lagrandeur convenable, il lui arrive quelquefois a en coup etde trop grandes pour les places auxquelles elle les avoitdestinées. J ai cru en trouyer des preuves dans des morceaux
très-petits#