174- MEMOIRES POUR L’HlSTOIREété bâti, je comptois avoir pris le meilleur moyen deiirgager les guêpes à y rester. Ce moyen est réellement bon»mais il faut plus de foins & de précautions pour conserverla motte de terre sans qu elle s éboulé, qu’il n en faut pourdéterrer simplement un nid ; Sc cette dernière pratique estcelle à laquelle je me fuis tenu dans la fuite, parce quej’ai reconnu que f amour que les guêpes ont pour leur nidou plutôt pour leurs petits, alíoit plus loin que je ne l’avoisimaginé.
Quelque dérangement qu’on fasse à leur guêpier, quoi-qu on le brise, qu’on le mette presque par morceaux, ellesne l’abandonnent point, elles lessivent par-tout ; il est pleinde vers qui demandent des foins quelles leur donnent avecgrande affection, &fans lesquels ils ne parviendraient pasà être mouches ; de forte que pour avoir la ruche dans la-quelle on a logé le guêpier, bien peuplée, il ne faut quedonner le temps d y entrer aux guêpes qui en font dehors;pour cela, on la laissera pendant le reste du jour dans le-quel l’opération a été faite, auprès du trou d’où a été tiréle guêpier quelle renferme: peu-à-peu toutes viendronts y rendre ; on doit attendre la nuit pour le transporter si onne veut pas perdre celles que des courses nécessaires retien-nent à la campagne. Celles qui étoient au loin lorsqu on a. transporté le guêpier, & qui, quand elles reviennent à leurtrou, n’y trouvent ni compagnes ni nid, nefçavent plusou aller; elles restent plusieurs jours de fuite autour de cctrou avant que de fe déterminer à l’abandonner. D’ailleursla nuit est encore plus favorable que le jour pour les trans-porter, & même pour les déterrer, parce que c’esl le tempsoù elles font íe plus tranquilles & où elles cherchent moinsà piquer. Quand mous n en avertirions pas, on peníèroitlans doute qu’avant que de voiturer la ruche où le guêpierâ été mis, il convient de fa-boucher de toutes parts.