DES I N S E C T E S. VI. Mem. 183temps, cest-à dire,qu'onle tient sousl’eau pendant plusieurssemaines, après quoi on le fait sécher. La première surfacedu bois qui a été exposé plusieurs années aux injures dePair, a été tant de fois arrosée par la pluye, qu'elle íè trouvedans l’état du lin roiii. Nos mouches en détachent fanspeine des filaments incomparablement plus fins que ceuxqu elles tireroient du bois qui auroit toûjours resté à cou-vert. A u ífi quand les treillages des espaliers ont été peints, lesguêpes se donnent bien de garde de les attaquer dans les en-droits où la peinture s’est conservée; mais si elle s’esl écailléequelque part, elles s'y arrêtent & en tirent des filaments.
La couleur dominante du papier du guêpier est blan-cheâtre, d’un gris à peu-près cendré, couleur fort diffé-rente de celle du bois de chêne, & de celle des autres boisrnis en œuvre dans nos appartements ; mais la couleur dece papier n'est nullement différente de celle que prennentles surfaces de ces mêmes bois, lorsqu'iîs ont été long-temps exposés à la pluye en dehors de nos maisons.Qu’on approche des morceaux de papier de guêpes toutauprès de quelques vieux treillages ou de quelques vieuxcontrevents, & on s’afìtìrera par la comparaison, que lacouleur des uns est la même que celle des autres. Tout boisexposé à l’air, & toutes les parties du même bois exposéesa l’air, ne prennent pourtant pas les mêmes nuances;de-là viennent aussi en partie, les variétés qui font entreles couleurs des différentes bandes de ce papier.
Ce n’est, au reste, que parce que les guêpes ne trou-vent pas mieux, qu'elies ratissent les surfaces des bois quiont été mouillés, & qui ont séché à une infinité de re-prises. Elles s’accommoderoient plus volontiers de papiertout fait, si elles sçavoient où en trouver : c’est ce quemont paru prouver des guêpes qui, à Paris, s’adonnc-*ent a venir ronger le papier des carreaux de verre d une