254 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREau bout de deux ou trois minutes. J’ai iieu de le croireainsi, parce qu’après chaque intervalle d une aussi petitedurée, je voyois la mouche s’envoler. Je ne fçais fi ellealloit tout simplement se charger de seau de quelqueruisseau, ou si elle alloit tirer de quelque plante ou dequelque fruit une eau plus gluante; ce que je fçais mieux,c est quelle tardoit très-peu à revenir à son attelier, & ày travailler avec une nouvelle ardeur & un nouveau succès.J en ai observé une qui, dans une heure ou environ, par-vint à donner au trou une profondeur égale à la longueurde son corps, & qui éleva fur son bord un tuyau aussi hautque le trou étoit profond.
Son activité continua à être la même, & peut-être de-vint plus grande par la fuite. Je commençai à la voir à sou-vrage à dix heures du matin ; après savoir considérée j ufqtfàonze heures, je me trouvai assés instruit de ses manœu-vres ; je la quittai, mais je retournai à une heure après midipour voir ce quelle avoit fait pendant mon absence. Letuyau étoit alors élevé de deux pouces, ct elle continuoitencore à approfondir le trou qui étoit au-dessous.
La même guêpe fait successivement plusieurs trous. IIne m'a pas paru qifelíe eût de régie fixe par rapport à laprofondeur qu’elle leur donne. J'en ai trouvé dont le fondétoit à plus de quatre pouces de souverture, & dans d’au-tres le fond n’eii étoit distant que de deux ou trois pouces.Elles ne donnent pas aussi la même longueur à chacundes tuyaux qu’elles bâtissent en-dehors de chaque trou,elles en varient même la courbûre. Sur tel trou on voitun tuyau qui est deux ou trois fois plus long que celuid'un autre : ce n’est pas toûjours parce que le trou aété creuse peu avant, que le tuyau est court, & ce n'estpas que la guêpe n’eût eu à íà disposition plus de mortierqu’il nen eût fallu pour le rendre égal aux plus longs.