des Insectes. VIII . Mem. 263apparemment plus gros, & elle juge de la compensationque ie plus grand volume fait avec le plus grand nombre.Elle semble sçavoir plus que tout cela, quand elle se dé-termine à aller constamment à la chasse dune seule especede vers ; car les guêpes dont je parle, ont construit des nidschés moi pendant plus de dix à douze années consécutives,& il n’y a eu aucune de ces années où je n'aye ouvert plu-sieurs trous nouvellement bouchés, dans lesquels j'ai trouvédes vers, & toujours de la même espece.
Mais ce qui n’est pas moins à remarquer, c’est que lesVers verds y font tous à peu-près de même âge; le peu dedifférence qu'il y a dans la grandeur de ceux de différentstrous, semble le prouver. La guêpe ne juge donc passs devoir charger de ceux qui font encore trop jeunes.J ose en deviner une raison, & peut-être est-ce la vraye.Ce qui détermine son choix, n’est pas quelle multiplieroitses voyages en portant au nid de plus petits vers, elle abien autrement à multiplier les courses dans la campagnepour parvenir à trouver des vers précisément de la grosseurdont elle les veut: elle les choisit dans un âge où ils peu-vent soutenir un plus long jeûne fans périr, dans un âgeoù ils n’ont plus à croître. Si les vers qui doivent resterdans une cellule pendant quinze jours, y périssoient dèsle lendemain ou au bout de peu de jours, elle deviendroitbien-tôt un vrai cloaque dans lequel le ver chéri seroitétouffé, & où du moins il n’auroit plus que des corpspourris pour se nourrir ; au lieu que la vie des vers verdspeut etre prolongée jusqu'au temps où ils doivent êtremanges. J'ai ouvert des nids dans leíquels il ne restoitplus qu’un ou deux de ces vers, ils y étoient encore pleinsde vie, ils neparoissoient pas même y avoir dépéri malgréleur long jeûne, ce qui n’est pas surprenant, s’ils étoientP r ès du temps de leur métamorphose.