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Tome sixième.
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264 MEMOIRES POUR L’HlSTOIRE

La maniéré dont ía guêpe les entasse, a un avantagedont nous avons déjà parlé, ils se laissent manger sans seremuer, & sans íe pouvoir faire. II importe encore au ver deîa guêpe, pour une autre raison, qu’ils soient à 1'étroit, qu’iísremplissent bien ía cavité du trou, par-Ià le ver vorace estforcé d’ufcr avec œconomie de fa provision d’aiiments.S’il pouvoit aller librement jusques aux infectes les pluséloignés dufond du trou, peut-être que par gourmandiseou par friandise il les entammeroit tous les uns après lesautres, avant que d’avoirfíni d en manger un seul en en-tier; il se mettroit bien-tôt dans le cas de n avoir plus pourse nourrir que des vers morts & corrompus.

Si la disposition que íes vers verds ont’ à se rouler enanneau, donne de la facilité à la guêpe pour les bien arran-ger dans une cellule, il en naît un inconvénient auquel ellesçait remédier. Le tuyau par lequel elle arrive au troucreusé dans le fable, & le trou même, ìl’ont guéres plusde diamètre que le corps de ía mouche ; comment peut-elle donc entrer dans le tuyau, le parcourir en tenantun ver roulé, soit entre ses dents, soit entre ses jambes!

Jai été attentif à observer de ces guêpes dans le tempsquelles se rendoient à des trous à qui il ne manquoit riendu côté de la profondeur. Chacune y arrivoit chargéedune proye semblable & dont le poids étoit peu inférieurau sien : elle tenoit la tête d un ver verd entre ses dents ;&. ses jambes étoient occupées à obliger ce ver à resterétendu tout le long cle son corcelet Sc de son ventre. Ainsimalgré sinclination qisil a à se rouler, elle le forçoit d etreallongé. Le ver appliqué Sc assujetti de la sorte contre lecorps de la mouche, augmentoit peu le volume de celle-ci;elle enfiíoitle tuyau avec autant de facilité que loríqiselíey entroit à vuide. On imagine assés que parvenue au fonddu trou, elle n'avoit qu a laisser le ver en liberté, pour