47° MEMOIRES POUR L’HíSTOIREdisposition de leurs logements, pour avoir les insectes eux-mêmes, je me fuis fait conduire plusieurs fois dans un petitbateau fur la riviere de Marne, le long de ses berges, depuis lepont de Charenton, jusqu’au confluent de cette riviere Scde la Seine ; j’ai ensuite remonté la Seine en bateau, & j’aisuivi son bord le plus élevé par-delà le Port-à-l’Anglois.Lorsque ces rivières n’étoientpas hautes, depuis le niveaude leurs eaux jusqu’à deux ou trois pieds au-dessus, j ai tou-jours vû, 6c on verra toujours dans de semblables temps, laterre toute criblée de trous, dont les ouvertures avoient en-viron deux ou trois lignes de diamètre. Si on détache desmottes de terre dans lesquelles il y en a de percés en très-grand nombre, on les trouvera tous vuides : on ne laisserapas d’en conclurre que ces trous ont été faits Sc habitéspar des insectes, mais qui les ont abandonnés dès qu’ilsn’ont plus été baignés par seau : on en conclura encoreque ces insectes font descendus plus bas, Sc qu’ils ontcreusé d’autres trous dans la terre qui est actuellement sousseau ; Sc on ne manquera pas de faire détacher de cetteterre, si on s’est muni de bêches 6c de pioches propres àsenlever, comme je n’avois pas oublié de le faire.
Les mottes de terre que j’ai fait ainsi détacher des bordsde l’une ou de fautre riviere, au-dessous du niveau deseau, étoient, comme je l’avois attendu, percées de troushabités : chaque trou avoit un ver ou une nymphe quidevoit par la fuite devenir une éphémère. Les mottes que jefaisois enlever à plusieurs pieds de profondeur , n’étoientpas moins criblées , 6c par conséquent pas moins peupléesque celles qui avoient été détachées aisés près de la surfacede seau. Après s etre convaincu du nombre prodigieux detrous, ou, ce qui est la même chose, du nombre prodigieuxd’insectes qui se trouve dans chaque portion du baflmd'une riviere, si on fait un calcul grossier desé^enduë des