4.86 MEMOIRES POUR L’HlSTOïREles éphémères auroient dû se tirer plus tard de leur enve-loppe , ie jour où elles s etoient trouvées dans une eaumoins chaude ; cependant ce jour-là, elles parurent à lamême heure que les jours précédents, comme licétoitàune heure marquée par l’horloge quelles le duisent faire.
Le vingt-deux fut encore plus froid que ne l’avoit étéle vingt-un. La liqueur du thermomètre ne monta qu a idegrés : il plut le matin à diverses reprises, & à verte pen-dant toute 1 après-midi : cette dernière circonstance avoitrendu ma curiosité plus vive, par rapport à la maniérédont se comporteroient le soir les éphémères ; commeil en avoit moins paru la veille que le jour d’auparavant ,j’appréhendois que le temps où elles dévoient cesser deparoître, ne fût arrivé, mais il ne fétoitpas encore. Cellesqui dévoient sortir le soir de la riviere, s’il y en avoit quidussent sortir, prendroient-elles le temps dune grossepluye pour quitter leur dépouille, pour passer dans l'air»temps où les insectes , comme les autres animaux ailés,cherchent l’abri l Enfin seau de la riviere ayant été encoreplus refroidie que le jour précédent par une longue Scabondante pluye, les éphémères ne dévoient-elles pas femétamorphoser plus tard ! car étoit-il à présumer que pourune action si importante elles dussent se conduire , pourainsi dire, à l'horloge î Si l’instant de leur métamorphosen’est pas fixé par le froid ou le chaud du jour, s’il est enleur pouvoir de le différer, si elles ne veulent paroîtreen I air que loríqu’un certain degré d’obscurité s y est ré-pandu ; loin que le moment de leur transformation eûtdû être retardé le jour dont il s’agit, il eût dû être avancé,lanuitetant venue de meilleure heure qu a l’ordinaire. Pouffçavoir comment tout se passeroit, je me rendis un peuavant huit heures du soir fur le bord de la riviere avec unparapluye qui m’étoit encore nécessaire, quoique la pl u y e