des Insectes. XII. Mem. 487fôtbien diminuée; aucune éphémère neparoissoit encorealors en l’air : vers les huit heures & un quart elles com-mencèrent à y voler, leur nombre alla en augmentant, il nefut pourtant pas auíh considérable qu’il avoit été le jourprécédent, parce que le temps étoit arrivé où il restoitbeaucoup moins de nymphes dans la riviere.
Quelle qu’ait été pendant le jour la température de l’air,qu’il ait fait chaud ou froid pour la saison, que le soleilait toujours brillé, ou qu’il ait plu abondamment, sheureà laquelle nos éphémères commencent à se tirer de leurfourreau, est donc la même, & une autre heure paroît mar-quée , par-delà laquelle il ne leur est plus permis de lefaire. En moins de deux heures ce nombre de mouchesassés immense pour former en l’air des nuées, óc y fairetomber une grosse pluye «Sc continue, fort donc de lariviere, «Sc au bout de ces deux heures, elles laissent à l’airtoute fa sérénité.
Mais qu’esl devenue cette prodigieuse quantité demouches, quand il n’en paroît plus dans l’air í Elles fontdéja mortes ou mourantes pour la plupart, une grande, &très-grande partie est tombée dans la riviere même. Lespoissons n’ont aucun jour dans l’année où ils puissent faireUne aussi ample chère, où il leur soit aussi aisé de se gor-ger d’un mets délicat : gourmands comme ils font , s’ilsfçavent prévoir, ils voyent avec regret c[ue leur eslomachne íçauroit suffire à recevoir toute la pâture qui est à leurdisposition, & qu’ils en laisseront beaucoup plus perdrequ’ils n’en peuvent manger : ces jours font donc pour euxdes jours de régal, une manne leur tombe du ciel. Lespêcheurs ont auffi donné à nos éphémères le nom deWanne, «Sc c’est celui fous lequel elles font connues deuxte long des rivières du royaume: ils disent que la mannea commencé à paroître, que ia manne a tombé abon-