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Tome sixième.
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4-88 MEMOIRES POUR L’HlSTOTREdamment une telle nuit, pour faire entendre qu on ítcommencé à voir des éphémères, ou qu’ii y tn a eubeaucoup.

Celles qui étant tombées fur seau n y ont pas été d'a-bord la proye des poissons, n en périssent gucres plustard, elles font bien-tôt noyées: le reste des éphémèrestombe fur les bords de la riviere, ou aux environs. La du-rée de la vie de celles-ci n est pas fi courte ; mais autantvaudroit-il pour elles que leur fin eût été plus proche :entassées les unes fur les autres, fans avoir assés de forcepour changer de place, fans lé donner aucun mouvementconsidérable, & très-mal à leur ailé, elles meurent lesunes après les autres: celles qui poussent leur vie le plusloin, & qui font par rapport aux autres plus que des cente-naires, voyent lever le soleil. Parmi des milliers que j’avoismis le soir dans une cloche de verre, & dans des pou-driers, le lendemain à six heures du matin jen trouvai deuxen vie; mais ce font-là de grandes exceptions à la réglsgénérale ; la vie ordinaire de ces mouches n est que dedeux ou trois heures, encore faut-il pour cela qu’eiles netombent pas dans la riviere. La durée ordinaire de cellesque Swammerdam a le plus observées, est de quatre àcinq heures.

Je retournai à Paris le vingt-deuxà dix heures duíoir»mais je laissai une personne chargée du foin d’obferver files éphémères paroîtroient les jours suivants : elles fe firentvoir encore pendant quatre à cinq jours, leur quantitéallant toujours en diminuant. Ainsi quand les pêcheursdisent que la manne ne tombe que trois jours de fuite»ils disent assés vrai, car ils ne veulent que faire entendsque ce n’est que pendant ce peu de jours qu’elle fournitde la nourriture aux poissons avec tant d’abondance.les jours qui précédent, & dans ceux qui suivent, ce neit