5}0 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREíe mieux qu’il m’aidât. C/est à lui qu etoit réservé leplaisir de voir réussir le premier une expérience très-im-portante: il s’en étoit rendu bien digne par les íòins assi-dus & la scrupuleuse exactitude qu il avoit apportés à labien faire.
11 se détermina à prendre pour cette curieuse expé-rience , un puceron du fusain, dont une mere accouchatous ses yeux le 20 Mai 174.0, à 5 heures du soir; carf heure de la naissance d’un insecte qui alloit devenir pré-cieux, ne nous est pas indifférente ; ne mériterait-ellepoint que les faiseurs d’horoscope examinassent le con-cours des Astres qui y avoient présidé î Leurs influencesont fans doute autant de pouvoir fur le fort des infectes,que fur celui des hommes. A peine le puceron étoit-ilné, que M. Bonnet détacha une petite branche de l’ar-buste fur lequel il se trouvoit ; il ne laissa à cette brancheque cinq à six feuilles, qu’it examina de tous côtés avecla plus grande attention. Après s’être bien assuré qu’au-cun puceron n y étoit attaché, ni à la tige, il fit passercelui qui venoit de naître, fur une de ces feuilles. On avû ailleurs que les pucerons ont une trompe qu’ils tien-nent le plus souvent picquée dans les plantes, & avec la-quelle ils pompent le suc dont ils se nourrissent. Pourmettre le nouveau né en état de vivre & de croître,il étoit donc essentiel de conserver les feuilles qui luiavoient été données, fraîches & succulentes; c’est danscette vûë que M. Bonnet fit entrer la tige qui les portoitdans une bouteille pleine d eau , en-dehorsde laquelle lesfeuilles resterent. Après avoir pourvû à fa nourriture, cequ’il y avoit de plus important » étoit de prendre des pré-cautions sûres pour le tenir dans une parfaite solitude.Entre les différents moyens de le faire, celui dont íe íèrvitM. Bonnet, est un des meilleurs: dans un vase de terre* Pi.47.fig. cuite * rempli de terre ordinaire, il enfonça la bouteille