562 MEMOIRES POUR l’Histoire
Nous voyons bien que les ailés, quoiqu'lis volent aisésrarement, peuvent aller établir des familles dans des en-droits où les non-aîlés ne pounroicnt se rendre qu’aprèsun temps fort long. Mais est-ce là la feule raison pour la-quelle la même mere,foit ailée, soit non-aîlée »fait des pu-cerons ailés, & des pucerons non-aîlés l Probablement il yen a quelqu’autre, qui peut-être n’est pas de celles que lesobservations peuvent nous découvrir.
Nous avons déja dit que ceux de plusieurs efpeces quidoivent paroître avec des ailes, n y parviennent qu’aprèsavoir quitté quatre dépouilles; ce n’est austì qu’aprèsen avoir laissé un pareil nombre que les non-aîlés des mê-mes efpeces ont fini leur croît 6c font en état d’accou-cher. C'est ce que M. Bonnet a remarqué constammentdans les pucerons du fusain, & dans ceux du groseil-ler; mais il a vû d’autres pucerons, ceux du sureau,parexemple, qui ont à subir de moins une de ces rudes opé-rations; ils ne fe défont que de trois dépouilles. II en aobservé qui n’aiment pas à laisser auprès deux celle dontils viennent de fe tirer, dès qu’ils en font sortis, ils fontdes efforts pour la faire tomber. Elle est cramponnée dansla feuille fur laquelle le puceron fe trouve, parles pointesqui font au bout des pieds. Le puceron à qui il déplaît devoir cette dépouille auprès de lui, la foûleve avec fes jam-bes postérieures, 6c dès qu’il a décroché un des pieds dufourreau, il parvient successivement à dégager les autres.Ce travail a quelque chose de rude pour un puceron dontles jambes n’ont pas eu encore le temps de s'affermir : plu-sieurs aussi s’en dispensent. Ceux de différentes efpeces,Sl même ceux de la même efpece varient quelquefois pafrapport à des procédés peu importants en eux-mêmes. M.Bonnet a, par exemple, observé un puceron du chênequi s’élevoit presque droit fur la dépouille dont il achevoit