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Tome IIe. [BA - CON.]
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gouverneur en Sicile. A son retouril obtint la charge il’Eilile, & fit con-damner Ferrés, le déprédateur decette province, à réparer ses con-cussions. On le nomma ensuite pré-teur , & enfin on l’Uonora du con-sulat , 6j ans avant Jésus-Christ.Fendant son édilité il se distinguamoins par les jeux & les speéta-cles que fa place l’obligeoit de don-ner , que par les grandes sommesqu’il répandit dans Rome affligéede la disette. Son consulat est à ja-mais célébré par la découverte dela conspiration de Catilina , qui ,à ['exempte de Syiln, vouloir trem-per ses mains dans le sang de ses ci-toyens. Cicéron, averti par Fulvinmaîtresse d’un des conjurés, éventale complot, & fit punir les fac-tieux. Cette entreprise étoit d’au-tant plus difficile à déconcerter, queCésar la Favorifoit secrètement.Bien des gens avoient traité aupa-ravant Cicéron d’homme dc deuxjours, qu’on ne devoit pas élever àla premii-re dignité del’état; on nevit plus aiors en lui que le citoyenle plus zélé, L on lui donna paracclamation le nom d» Peu dc laPatrie. Le jour de l’expiratitn deson consulat, étant obligé de faireles sermons ordinaires , L sc pré-parant A haranguer le peuple selonla coutume , il en sut empêchépar le tribun Metellus qui vouloitl’outrager. Cicéron avoit commen-cé par ces mots : Je jure ; le tri-bun l’iuterrompit & déclara qu’ilne lili pertnettroit pas de haran-guer. ils’ék'va un grand murmure.Cicéron s’arrêta un moment , 8crenforçant la voix noble & sonore,il dit pour toute harangue : Jejure que j’ai sauvé la Pa-trie. L’assembléc enchantée s’é-cna : Nttus jurons qn'tl a Ait lu vé-rité. Ce moment fut le plus beau defa via. Cloditss ayant cabale contre

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lui quelque tems après, Cicéronse vit obligé de sortir de Rome ,après Ravoir sauvée , & se retiraà Thessalonique en Macédoine. Lesvœux de toute l’Italie lc rappel-leront Tannée suivante, cinquante-huitiemeavant J. C. Le jour de sonretour Fut un jour de triomphe; sesbiens lui furent rendus , ses maisonsde la ville & de la campagne re-bâties aux dépens du public. Cicéronfut si charmé des témoignages deconsidération & de ('allégresse pu-blique , qu’il dit : “ Qu’à ne con-„ sidérer qnc les intérêts de ft„ gloire , il eut du , non pas re-v sister aux violences de Chdius,v mais les rechercher & les ache-,, ter. „ Sa disgrâce avoit cepen-dant fait beaucoup d’i m pression lutlui, plus même qu’on n’auroit dnl’attendre d’un homme formé dans

l’école de la philosophie : il ftti-gua de ses plaintes ses amis & ft fparens ; & cet homme qui avoitsi bien défendu les autres , n’m*pas ouvrir la bouche pour fe Re-fendre lui-même. Le gouverne-ment dc Cilicie lui étant échu , ‘s’y distingua par son équité , P®/son désintéressement , & il réunit('affabilité & l’activité, deux ver-tus si rarement compatibles. LesParthes étant venus attaquer An-tioche en pleine paix, il se init -ia tête des légions, pour garantisfa provincee de ('incursion de ccípeuples. II surprit les ennemis,les défit, se rendit maître de P ,n 'denisse, Pline dc leurs plus fo rtfplaces , la livra au pillage, & enfit vendre les habitons à l'enchcte-Ses exploits guerriers lui firent" 'cerner par ses soldats le titre dperator , & on lui auroit accorià Rome l'honneur du triomp"'*fans les obstacles qui mirent ctroubles de la République. C'tsplaodiffemcns étoient d’autantp-