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Tome premier.
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tion demeure fixée depuis le commence-ment jusqu’à la fin fur un seul objec, sansen être distraite par aucun incident étran-ger. C’est en quoi les tragédies anciennesont une supériorité bien décidée sur la plu-part des pieces modernes ; l'œil y est attachédès l'entrée fur un objet, qu’il ne perd plusde vue, & dont rien ne le détourne , pasmême un instant. De même qu'un peintreintelligent distribue les jours de maniéré quel’oeil ne s’attache qu'aux personnages prin-cipaux ; il faut que dans chaque aâion ,tout ce qui ne tient pas à l'objet principalsoit placé dans sombre , en sorte qu'il neuiíle être apperçu qu’autant qu'il contri-ue à faire ressortir l’ensemble.

On dit d’un ouvrage, qu’il y entre peuàé aâion , quand il remue plus l’ímaginationque le cœur ; car rien n’est proprementcclion que ce qui agit fur le cœur. On pour-roit transformer l’Iliade en une narration,où tout ce qui estaâo/rdisparoitroit. Quandon n'observe que ce qui se passe, on ne voitpoint Vaâion , le jeu des forces ; on nevoit que l’événement qui en résulte. Maisquand nous entrons dans la situation d’espritdes personnages qui agiílent, nous sentonsleurs désirs, leurs espérances, leurs agita-tions , leurs efforts, c’est alors seulementque nous les voyons agir.

Les beaux arts nous offrent plusieurs ma-niérés différentes d’exprimer une ar?à; 8cchaque maniéré a ses réglés particulières àl’égard de la grandeur , de la forme & del’arrangement total de Vaclion. Le poèmeépique, le dragme, l’apologue, la peinture,le ballet, ont chacun une maniéré proprede traiter Vaclion. Voyc £ Epique, Drame.( Cet article ejl tiré de la Théorie générale desheaux arts , de M. SULZER. )

Action , dans VÉconomie animale, c’estun mouvement ou un changement produitdans tout le corps ou dans quelque partie ,&qui différé de la fonction en ce que celle-ci n'est qu’une faculté de produire, au lieuque Vaâion est la faculté réduite en acte.Boerhaave.

On distingue les aâions de même queles fonctions , en vitales , naturelles , &animales. Les celions vitales^ sont cellesqui font d’une nécessité absolue pour lavie ; relies font le mouvement du cœur,

A c T

I la respiration , &c, Les aâions naturelles\ sont celles par le secours desquelles le corpsest conservé tel qu’il est ; telles font la di-gestion , les sécrétions , la nutrition , &c.Les aâions animales sont celles qui pro-duisent sur l’ame un certain changement,& sur lesquelles l'ame a quelque pouvoir ;telles font le mouvement des muscles sou-mis à la volonté , les sensations , ùc.Vtyei Fonction , Animal , Naturel, &Vital. ( L )

Action , se dit en Médecine , dans lememe sens que fonclion ; c’est pourquoi l'ondit : Vaâion du ventricule fur les alimensest de les diviser , 8c de les mêler intime-ment ensemble. Un médecin doit connoî-tre Vaâion de toutes les parties du corpshumain, pour distinguer la cause, le siégé8c les différences des maladies. Cetteconnoistance le met en état de prononcersûrement du danger que court un malade,ou de la proximité de fa convalescence.Voyet Fonction.

Aâion se dit encore inédicinalement.pour force. On augmente Vaâion d'un pur-gatif en y ajoutant quelque chose , c’est-à-dire , qu'on lui donne plus de force.Foyei Force. ÇN~)

Action , dans 1‘Art militaire , est uncombat qui se donne entre deux armées ,ou entre différens corps de troupes qui endépendent. Ce mot s’emploie aussi poursignifier quelque fait mémorable d'un offi-cier ou d’un commandant d’un corps dctroupes. ( Q )

Action , en Droit, est une demandejudiciaire fondée fur un titre ou sur la loi,par laquelle le demandeur somme celuiqu’il appelle en justice , dc satisfaire à ceà quoi il est obligé en vertu de l’un ou del’autre , à faute de quoi il requiert qu’il ysoit condamné parle juge.

Les aâions font divisées par Justinienen lieux especes générales ; en réelles ,c’est-à-dire , dirigées contre la chose ; &en personnelles , c’est-à-dire , dirigéescontre la personne : car lorsque quelqu’unexerce une aâion , ou il la dirige contreun homme qui lui fait tort, soit parce qu’ilmanque à sa convention , soit parce qu’illui a fait quelque offense , auquel cas il aaâion contre la personne ; ou il l’exercs