510 ADJ
bons ; fort au singulier , forts au pluriel ;par conséquent puisqu'on écrit au singuliergâté, gâtée , on doit écrire au ç\urìc\gátés,gâtées, ajoutant simplement 1 j au plurielmasculin, comme on 1 ajoute au féminin.Cela me paroit plus analogue que d’ótcrl’accent aigu au masculin, Si ajouter ungate[ : je ne vois pas que le ç ait plutôtque Pj le privilège de marquer que l'e quile précede est un e fermé: pour moi je nefais uíage du ç après l'e fermé, que pourla seconde personne plurielle du verbe ,vous aìme[ , ce qui distingue le verbedu participe & de Yadjeâif • vous êtesaimés, les perdreaux font gâtés , vous gâte[ce Livre.
Les adjeâifs terminés au singulierpar unes , fervent aux deux nombres : il cjl gros &gras ; ils font gros & gras.
Il y a quelques adjeclifs qu'il a plu auxMaîtres à écrire de terminer par un x aulieu des s , qui fusillant en dedans ne don-nent pas à la main la liberté de faire de cesfigures inutiles qu'il appellent traits -, il fautregarder cet * comme une véritable s ; ainsion dit : il efl jaloux , Sc ils font jaloux ; ilejl doux , Si ils font doux ; l’époux , lesépoux , Scc. L 7 final se change en aux ,qu’on feroit mieux d'e'crire aus : égal ,égaus ; verbal, verbaus ; féodal , féodaus ;nuptial, nuptiaus, Sic.
A l’égard des adjeclifs qui finissent parentowant au singulier, on forme leurplurielen ajoutant s , selon la réglé générale , &alors on peut laitier ou rejeter le t : cepen-dant lorsque le t sert au féminin, l'analogiedemande qu'on le garde : excellent , excel-lente ; excellents , excellentes.
Outre le genre , le nombre , Sc le cas,dont nous venons de parler, les adjeclifsfont encore sujets à un autre accident,qu'onappelle les degrés de comparaison , Sc qu'ondevroit plutôt appeller degrés .de qualifica-tion, car la qualification est susceptible deplus Sc de moins : bon , meilleur , excel-lent ; savant , plus savant , tris - savant.Le premier de ces degrés est appellé pofitif,le second comparatif , & le troisième super-latif • nous en parlerons en leur lieu.
Il ne fera pas inutile d'ajouter ici deux■observations : la premiere, c'est que les ad-jeâifs se prennent souvent adverbialement.
ADJ
Facile & difficile , dit Donat, quee aivcr~biaponuntur , nomina potiàs dicenda su n t ,pro adverbiìs posta : ut ejl , torvùm cla-mât ; horrendàm refonat : Sc dans Horace ,turbidum Icetatur ( Liv, II. Od. xix. v.61 ) se réjouit tumultueusement, restentles saillies d'une joie agitée & confuse : per-jidum ridens Venus ( Liv. III. xxvij. v,67. ) Vénus avec un sourire malin. Etmême primo , secundo , tertio , pojìremo ,fer'o , optafo , ne font que des adjeâifs prisadverbialement. Il est vrai qu'au fond Yad-jeâif c onserve toujours ía nature, & qu'ences occasions même il faut toujours tous- en-tendre une préposition Sc un nom substan-tif, à quoi tout adverbe est réductible : ainsi,turbidum Icetatur , id est , Icetatur juxta ne-gotium ou modum turbidum : primo , se-cundo , id est , in primo vel secundo loco ;optato advenis , id est, in tempore op-tato, Sic.
A limitation de cette façon de parlerlatine , nos adjeclifs sont souvent pris adver-bialement ; parler haut , parler bas , sentirmauvais , voir clair, chanter faux , chan-ter jufte , Sic. on peut en ces occasionsfous entendre une préposition & un nomsubstantif: parler d’un ton haut , sentir unmauvais goût, voir d’un ail clair, chanterd’un ton faux : mais quand il feroit vraiqu’on ne pourroit point trouver de nomsubstantif convenable Sc usité, la façon deparler n'en feroit pas moins elliptique ; ony sous-entendroit l’idée de chose ou d’être ,dans un sens neutre, voye^ Ellipse.
La seconde remarque, c'est qu'il ne fautpas confondre Yadjeâif avec le nom subs-tantif qui énonce une qualité, comme blan-cheur , étendue ; IWyeA/’qualihe un subs-tantif, c'est le substantif même considérécomme étant tel, Magistrat équitable-, ainsiYadjeâif n’existe dans le discours que rela-tivement au substantif qui est le suppôt, &auquel il ie rapporte par l’identité, au lieuque le substantif qui exprime une qualité, estun terme abstrait Si métaphysique, quiénonce un concept particulier de l’esprit,qui considéré la qualité indépendammentde toute application particulière, & commesi le mot étoit le nom d’un être réel Scsubsistant par lui-même: tels font couleur ,étendue , équité, Sic, ce sont des noms