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Tome premier.
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Affinité , s. f. ( Chymie. ) Ce terme n’aeu long-remps qu’un sens vague & indéter-miné , qui indiquait une forte de sympa-thie , une véritable propriété occulte , parlaquelle les différens corps s’uniflbient plusou moins facilement, il exprime aujour-d'hui faction que les parties constituantesde ces corps exercent les unes fur les autres.Ainsi il y a affinité toutes les fois qu’en met-tant ensemble deux substances dans f étatqui favorise l'exercice de cette action , lesparties constituantes de f une , attirent lesparties constituantes de f autre , 6c contrac-tent réciproquement une force d’adhérence ;cet effet cessant, il n'y a point à!affinité ,ou pour parler plus exactement il n'y apoint d 'affinité connue , c'est-à-dire , quel'on n’est pas parvenu à produire les cir-constances dans lesquelles cette action seroitsensible ; car , comme nous faisons dépendre {es affinités d'une propriété générale dela matière , il fuit nécestairement que tousles corps ont entr’eux une certaine affinité.

On a dit : toutes les fois qu’on met en-semble deux substances dans L’état qui fa-vorise faction de {'affinité , cet état estl’équi-pondérance qui suppose elle-même la pré-sence d’un fluide , ces conditions serontdéveloppées à {‘article. Dissolution..

'L’affinité 6c f agrégation reconnaissentLien sûrement la même cause, mais, commeîl importe d’avoir des dénominations pro-

Î ires 6c exactes , il faut conserver soigneu-èment la distinction établie entre ces deuxesters. D'agrégation n’est que surdon deplusieurs parties d’un corps semblable sansdécomposition y 6c que l’on nomme enconséquence parties intégrantes. Deux gout-tes d’eau qui se réunifient , forment uneagrégation. L’ affinité , au contraire , com-pose un nouveau corps des parties cons-tituantes de deux ou de plusieurs corpsdifférens, & fous ce point de vue , la réu-nion de deux parties de sel marin , parexemple , pour en former un seul cube ,de deux parties de métal pour en formerun seul lingot, n’est pas une simple agré-gation , parce que cela ne peut se faireque par l'interposition d'un fluide diflol-vant , 6c à raison de son affinité. Voye{Dissolution.

L Affinité ne se borne pas à unir deux

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í corps simples , comme un acide 6c un al-kali ; si l'une des substances que l’on pré-sente à f autre dans l’état qui favorise ladissolution, est elle-même déja composéeil arrive , ou que la substance simple a une-affinité égale avec chacune des parties cons-tituantes de la substance composée , ouqu’elle a une affinité plus forte avec unede ses parties qu'avec l’autre , ou que lecorps simple a moins d ‘affinité avec cha-cune des parties constituantes du corps Vcompose, qu’eltes n'enont entr'elles. Dans.le premier cas, il y a combinaison des trois,parties constituantes ; c’est ainsi que se for-ment le foie 6c le soufre 6c une infinité desels encore peu connus. Voye[ Hépar.Dans le second cas , le corps simple íecombine avec f une des parties constituantesdu corps composé, tandis que l'autre seiépare , tombe ou s’éleve suivant sa pe-santeur spécifique ; falkali, par exemple ,s’empare de l’acide d'un sel métallique».Voyèi Précipitation. Dans le troisième-enfin , il ne résulte qu'une simple mixtion;sans nouvelle composition , 6c par consé-quent fans affinité.

Il est aisé de juger par-là de ce qui doisarriver lorsque l'on met des substancescomposées à portée d’exercer leur affinité ,ou , pour mieux dire, les affinités de leursparties constituantes ; il en résultera denouvelles combinaisons par une forte d'é-change , & c’est ce que l’on nomme af-finité double. Mais il faut bien prendregarde que cette dénomination n’est pointexacte , lorfqu'on f approprie aux affinitésqui ne se manifestent que dans le concoursde plusieurs parties constituantes, par exem-ple , dans la formation du bleu de Prusse.L’erreur est précisément la même quequand on dit que l'on produit une affinitépar intermède ; en effet , ou la substancequi sert d’intermede entre dans la nouvellecombinaison , ou elle n’y entre pas ; si elley entre , ce n’est point une affinité double ,c'est un concours de plusieurs affinités ; si.elle n'y entre pas, il est évident qu'elle neproduit que la circonstance qui manquoitpour que {‘affinité se rendît sensible , 6cnon pas {’affinité rnéme.

Tout ceci suppose , comme l’on voir rdifférens degrés d ‘affinité entre les diste-