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connoiífent point cet essaim de maladiesqui affligent les peuples abrutis par l’intem-pérence ; ils n’ont d’autre lit que la mousse& le gazon, ni d’autre oreiller qu’une pierre,& jamais leur sommeil n’est troublé par letumulte des passons rebelles. Ce genre devie les conduit fans infirmité à une longuevieillesse ; & quand il faut payer le derniertribut imposé à l'humanité,. ils semblentplutôt cesser d’étre que de mourir ; ils ontdes vertus & des vices qui tiennent del’influence de leur climat t telle est cettegravité mélancolique qui les rend insensi-bles à tout ce qui affecte le plus délicieu-sement les autres hommes. Cette indiffé-rence dédaigneuse est une suite nécessaire dela solitude où ils font confinés;&vivans pourcux-mêmes, ils sont bientôt lans sensibilitépour les autres. On les taxe de s’abandon-ncr avec trop de facilité aux secondes d’unehumeur chagrine , qui est entretenue parleur tempérament sec & bilieux , & quiles dépouille de toute les qualités qui for-ment l’hommc social :de-lanaît encore cetorgueil insultant qui se contemple í’oi-mê-me, & qui craint d’abaisler ses yeux fur lesautres. Ces vices, fans être înhérens au ca-ractère , se contractent nécessairement dansîa vie solitaire où l’on peut conserver lasolidité de ramifié, sans en avoir les de-hors affectueux. En général , ce n’est pointdans le silence des déserts qu’il faut cher-cher ces hommes compafissms , pleins d’in-dulgcnce pour les foiblesses de leurs sem-blables , & réservant toute leur sévérité' pour eux-mémes : c’est plutôt dans îa re-traite, que I’amour propre, pour consoler lemisantrope , va lui exagérer sou mérite &les imperfections des autres. II est un re-proche plus grave qu’on fait aux Arabes ;& dont il est difficile de les justifier , c’estun fond de cruauté qui fouissait répandrefans fruit & fans remords le sang humain.Leurs propres historiens nous ont transmisdes atrocités, qui déposent que ce peupleféroœ se proposoìt moins de conquérir lemonde , que de le détruire mais commeils ont des vertus qui semblent incompati-bles avec leurs vices, développons les res-sorts qui prodtiifcnt des esters si opposés.Pour juger une nation , il faut partir d’aprêsîc principe qui la fait agir.. Un seul pxé-
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jugé d’éducation suffit pour la rendre ver * 1tueuse ou féroce. Les Arabes descendusd’Ismaël regardoient le domaine de la terrecomme leur héritage ; leur patriarche chassede la maison paternelle eut pour partageles pleines & les déserts ; ses descendantqui le représentent s’arrogent le même pri-vilège : ainsi l’enlèvement d’une caravannen’est point un larcin qui puisse exciter leursremords: ils le regardent comme la récom-pense de leur courage , & comme la resti-tution d’un bien usurpé sur eux : leurserreurs fur le droit de la guerre les ontprécipités dans un déluge de crimes. Laplupart des pays qu’ils ont subjugués ontété privés de la moitié de leurs habitats.L’exemple des Amalécites exterminés par lepeuple Hébreu , leur avoir peut-être donnede fauíles idées fur les égards qu’on doitaux vaincus. Effrayés du destin de leursvoisins, ils se persuadèrent que tout ennemiétoit exterminateur ; ils se crurent doncautorisés par la loi naturelle, à massacrer deshommes qui les auroient exterminés s’ilsavoient remporté la victoire fur eux. Cesexcès, que l’expérience auroit dû leur ap-prendre à réprimer , furent encore autoriséspar la religion Musulmane qui , au liend’adoucir les maurs , leur communiquaplus de férocité. Les premiers Musulmansse regardant comme- les exécuteurs desvengeances anticipées du cieî , croyoientavoir droit d’égorger ceux dont Dieu avoirprononcé Ia condamnation : ces mission-naires guerriers étoient intolérans par prin-cipe , & inspiroient à leurs disciples !’am-bition d être les vengeurs de ce qu’ils ap—pelloient la cause de la religion. J’avouaque, pour adopter despréjugéssi barbares ,il faut avoir im penchant décidé àla cruauté,mais on peut leur assigner une autre cause.L’attachementdes Arabes pour leurs usages& leurs opinions ,. le mépris de la morsqu’ils contemplèrent avec une froide intré-pidité , leur vie isolée qui les éloignait déshommes, étoient autant de causes qui pou-voient les rendre barbares. Celui qui mé-prise la vie est inaccessible à la pitié ,' & iln’y a point d’ennemi plus redoutable quecelui qui fait mourir.
Si les Arabes ont surpassé les autres na-tions en férocité , ils ont aussi, donne de»