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Tome troisième.
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»e favoìent nì lire ni écrire , ils n’ont pu jkut transmettre des titres qui constatentleur descendance , & par la même raisonil est impossible de les convaincre d’erreur.

II est vrai que depuis environ trente-sixsiécles les filiations font déposées dans lesarchives publiques. Cet usage , religieuse-ment observé , fut introduit par Adnan ,qui fut un des ancêtres de Mahomet. Ailreste , un peuple aussi peu nombreux, quin’a point contracté d’alliance étrangère ,qui n’a jamais essuyé de révolutions ; qui,dans son loisir solitaire, est toujours occupédes intérêts de fa vanité, a pu facilementconserver le souvenir de ses ancêtres & lafuite de ses générations.

Les arts méchaniques ne durent pas beau-coup se perfectionner chez un peuple quiéprouvoit peu de besoins. Comme leurs pro-ductions ont moins d’éclat que d’utilité,c’est plutôt dans les villes qu’au milieu desdéserts qu’on les voit éclore , parce que lebesoin est créateur de Industrie. LesArabes , uniquement occupés à faire laguerre aux hommes & aux animaux, n’ex-cellèrent qu’à fabriquer des cimeteres, desarc & des dards. Leurs toiles de coton nefurent jamais fort estimées.

Les sciences graves & sérieuses qui s’ap-puyent du secours des calculs, qui deman-dent une méditation profonde pour lier leprincipe avec les conséquences , ne peuventprendr e de grands accroissemens chez unenation dominée par une imagination tou-jours embrasée, & qui ne s’éteint que quand»n veut régler íà marche avec le compasgéométrique. Ces sciences, bannies des cli-mats voisins du tropique , ont été rem-placées par les arts d’agrément, qui n’aimentque ces désordres & ces écarts qui étonnentFesprit&maîtrisent les cœurs. C’est-là qu’ondécouvre le berceau de la poésie & de !'élo-quence , qui étant à peine écloses, y fontparvenues à une prompte maturité. LesArabes , en sortant des mains de la nature,font tous poètes & orateurs. Une langueharmonieuse & féconde, qui admet desfigures audacieuses, favorise leurspenchansfortunés. Les maximes qui assurent & em-bellissent la société ne s’y montrent queparées des grâces de la poésie, & la mo-rale se dépouillant ainsi de ses rides & de

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son austérité , s’insinue plus aisément dansles coeurs. L’cmulatiGn multiplie les produc-tions du génie : les pieces font récitées dansles assemblées publiques , & l’on décernedes honneurs & des récompenses à fau-teur qui a le mieux réussi. Les femmeg ,revêtues de leur robe nuptiale, chantent lagloire du vainqueur> dont les louanges soncencore célébrées par ses rivaux, & les pieces.couronnées font déposées dans les archivesde la nation. Les orateurs étoient honorésdes mêmes distinctions. Leur éloquenceétoit une prose harmonieuse & cadencée ,faite pour leurs oreilles, & accommodée augénie de leur langue & à la trempe de leurcaractère ; mais elle ne peut servir demodelé aux étrangers. Toutes ces piecesenfantées par l’imagination n’ont aucunechaîne dans les raisonnemens , ce font dessentences fans liaison qui se succèdent & sechoquent avec bruit, des transitions subites& inattendues , des éclairs qui éblouissent:plutôt qu’ils n’éclairent ; enfin, l’imagi-nation bondissante & vagabonde se promened’objets en objets , & n’en laisse entrevoirque la superficie.

Ce fut encore dans l’Arabie que I’apolo-gue prit naissance : cette maniéré d’instruiraa, dans tous les temps , été en usage chezles peuples de l’orient, qui aiment â enve-lopper d’un voile mystérieux les choses lesplus communes pour en relever la dignité.Les Arabes sur-tout ont fait briller leur sub-tilité à deviner des énigmes. Ils se glori-fient d’avoir produit Lockan , dont lestraits font trop ressemblans à ceux d’Esope ,pour ne pas reconnoître l’identité. Ce cé-lébré fabuliste a servi de modelé á tous ceuxqui l’ont suivi. Ainsi ce peuple, aidé deion génie, a puisé, dans son propre fonds,les richesses que les autres ont empruntéesréciproquement de leurs voisins.

L’éducation de la jeunesse n’est pointconfiée à des instituteurs mercénaires,qui sechargent sans pudeur d’enseigner ce qu’ilsignorent, & ce que leurs éleves doivent ou-blier dans un âge plus avancé, pour n’êtrepoint confondus dans la clasiè abjecte deshommes vulgaires. Chaque pere de famillechez les Arabes en réglé la police; &, à sondéfaut,c’est à celui qui a le privilège de l’âge& le plus de fa geste , qu’est confié remploi