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glorieux de former les mœurs des enfasts.Ce n’eíl point par des maximes surannées& parasites qu’il les instruit ; au lieutous ces apophtegmes rebutans, il n’oppostque ses exemples, pour rectifier leurs pen-chans ; & comme il est intéressé â perpé-tuer la gloire de sa famille , il se montretoujours pur & réservé j pour ne pointétouffer en eux le germe héréditaire desvertus. Les Arabes, subjuguésparl’exemplc,
' font pendant toute leur vie ce que íàisoicn;leurs pores.
La langue Arabe , qui est la langue sa-vante des Musulmans, est une de cellesqui disputent l’honneur de la maternité.Ses titres, fans être décisifs, établistent íahaute antiquité. Le pays où elle est en usageeut des habitans dans les siécles les plusreculés, de nouvelles colonies n’y fontpoint venu chercher des établissemens ; ilne subit jamais de domination étrangère,& s’il eut à lutter contre des invasions , cefurent des torrens pastàgcrs qui se dissipè-rent. Ainsi le langage n’cut point à essuyerces altérations qu’òccasionne le mélange dedifférais peuples. Sa fécondité & son har-monie n’ont pu être que Pouvragc tardifdu temps. Riche jusqu’à la profusion, elleossie souvent le choix de cinq cents motspour exprimer une feule & mçme chose.Ses tropes hardis, ses métaphores fécondesqui présentent leurs objets avec leurs ima-ges ; multiplient encore son abondance :or , comme elle se montroit avec la mêmeparure & la même magnificence dans lessiécles où le reste des nations étoit plongédans la plus épaisse barbarie , on ne peutJui contester une origine astèz anciennepour légitimer ses prétentions au titre d’ai-jnestp. Cette langue est composée de diffé-rais dialectes dont le plus estimé .est celuides Koreishites, parce que c’étoit celui queparîoit le prophète législateur. Les autresfont tombés dans une espece de mépris.Les premiers caractères ne font plus d'li-stage ; Morabès, du temps de Mahomet,leur en substitua de nouveaux qui sontappellés encore aujourd’hui les enfans de.Morabès. Ce fut avec ces caractères que leKoran fut écrit pour la premiere fois. Quoi-que moins imparfaits que les anciens, ilsè toi en t encore informes & grossiers : on
ARA
leur en substitua de plus net & de plusréguliers, qui furent perfectionnés dans lafuite par le secrétaire du dernier califeAbhasside; & ce sont ceux qui sont enusage aujourd’hui.
Les Arabes avoient des usages qu’ilstenoient de leurs peres, & qui leur étoientcommuns avec la plupart des peuples del’Orient, qui n’avoient aucune relation aveceux ; ce qui semble démontrer que cesusages s’étoicnt établis par le besoin duclimat. La circoncision douloureuse qu’ilstenoient d’Ismael , a été retenue par lapersuasion qu’elle arrêtoit les ravages decertaines maladies, dont la source peut êtreheureusement tarie. La distinction des vian-des permises & prohibées , étoit une leçondonnée par l’expérience, qui avoit apprisque les alimens qui influent fur le physi-que , avoient également une influence fe-crette fur le moral : ainsi , une sage policeetoit autorisée à interdire la chair de porc& des autres animaux immondes, qui pou-voir également altérer la santé & les mœurs.Les ablutions n’ont rien de bisarre que leîcérémonies prescrites pour en assurer l’effi-cacité. Les Arabes ne connoistòient pointl’usage du linge & de la toile ; la pous-sière du désert enlevée par le vent s’atta-che à leur corps, & les rend sales & dé-goûtans. La chaleur du climat, les tem-péramens focs & brûlés, les maladies dela peau , dont la lepre étoit la plus hideuse ,trouvoient dans les lotions un remede facile& peu dispendieux , & par conséquentconvenable à un peuple indigent : cetteinstitution politique & religieuse n’a riende pénible, & si la religion ne l’cût pasprescrite , les Arabes feroient par plaisirçe qu’ils font par devoir.
La polygamie', autorisée par l’exempledes patriarches, s’est perpétuée dans l’Ara-bie , quoique ce ne soit point un privilègedans un pays où le divorce est permis ,fans alléguer d’autres motifs que ses dé-goûts. Plusieurs cantons dérogeoient à l’u-l’age le plus universel ; lesTrogloditespossé-doient leurs femmes en commun, & chezlçs Sarrasins le mariagen’étoit qu’une unionpastâgere , formée par un besoin récipro-que. Les ylrabcs attachoient un grand hon-neur à la fécondité & comme ils se
croyoient