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Tome troisième.
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indépendance , & qui autrefois auroitblanchi d’écume le mors qui l’eût répri-mé , n’est plus embrasé de l’ancien fana-tisme républicain. Les émirs , devenus pluspuissins , l’ont façonné à l’obéisiànce , &la constitution nouvelle de l’Arabie a fa-vorisé les desseins de ces chefs ambitieux.Les caravannes mieux escortées ont imposéaux tribus la nécessité de réunir leurs for-ces pour agir avec plus de succès ; & àmesure que les sociétés font devenues plusnombreuses , chacune a été obligée defaire le sacrifice d’une portion de son indé-pendance au maintien de l’ordra social ; &j horreur qu’inspiroit le tumulte des villes,a été remplacée par l’amour des commodi-tés qu’elles procurent. Des besoins multi-pliés ont allumé de nouvelles passions , quine peuvent être satisfaites q u’en se faisantacheter par des chefs , seuls assez richespour les payer ; ils n’ont conservé que legoût du brigandage , & l’horreur & le mé-pris de l’agrículture. Les Arabes , habitansdes villes & des bourgades, ont à-peu-prèsla même forme de gouvernement que lesBédouins. Ils ont, comme eux , des chefsqui, magistrats & guerriers , président àla police intérieure ; quoique leurs mœursaient essuyé le plus d’altération , ils ontconservé certains traits de famille qui rap-pellent leur origine. Les villes modernes ,beaucoup plus considérables que les an-ciennes , qui n’étoient qu’un astèmblage in-forme de tentes & de chariots, font habi-tées par des commerçans & des cultivateurs.Plusieurs ports font ouverts aux nations ;c’est sur-tout â Moka , situé fur la merrouge , que les Européens vont chercher lecalé qu’ils changent contre leur or & leursvices. Les Arabes , séduits par leur exemplecontagieux , ont senti naître en eux la cupi-dité. Ils ont abandonné leurs déserts sauva-ges , & se sont répandus dans les échelles dulevant, où l’or qu’ils accumulent par leurcommerce , ne sert qu’à leur apprendre àrougir de leur antique simplicité ; & , deve-nus plus riches & moins heureux , ils assoi-blissent chaque jour le sentiment généreuxde cette liberté précieuse, dont toutes les ri-çheíïès d u monde ne peuvent dédommager.

Le pays des arts & dçs sciences est sou-vent infesté de charlatans qui obscurcissent

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leur splendeur. On voyoit en Arabie deprétendus savans qui se vantoient d’enten-dre le langage des oiseaux. Ils préféroientleur conversation à celle de leurs sembla-bles. Ils prenoient un grand plaisir à dé-couvrir leurs secrets & leurs petites intri-gues. Une science aussi extraordinaire nej pouvoit être que bien accueillie chez unj peuple amateur du merveilleux. D’autres,profanant le titre de prophète, se r etiroientdans les antres & les déserts , où , après,des jeûnes austères & des macérations dou-loureuses pour plaire à la divinité , ilsétoient gratifiés de visions qu’ils venoientannoncer à la multitude , qui n’avoit gardede reconnoître un fripon dans un hommepâle & décharné , & souvent couvert deplaies & d’ulceres , qu’on regardoit commeautant de caractères de sainteté. Ce futencore dans cette partie de l’Arabie , quiconfine à l’Egypte , qu’on vit éclore ceteslàim d’avanturiers, qui errant fans patriefur le globe , fous le nom de diseurs debonne aventure , font payer leurs menson-ges au peuple imbécille ; c’étoit avec desfléchés , des baguettes divinatoires , desphyltres, des amulettes,que ces imposteurs,en prononçant des paroles mystérieuses ,faisoient leurs opérations magiques.

La médecine languit dans une longueenfance en Arabie : ceux qui l’exercoientn’avoient que leurs expériences & íe se-cours des traditions. Les mêmes symptômesleur paroistoient demander les mêmesremedes , ils ignoroient le méchanisme ducorps , & ne faisoient aucune distinctiondes tempéramens. Mais les aromates & lesplantes salubres dont le pays abonde , lasobriété & la vie active des habitans, sup-plément à l’ignorance des médecins , dontla plupart employoient des paroles magi-ques pour guérir leurs malades. 11 est vraiqu’à la renaissance de la médecine , ce fu-rent les Arabes qui furent les premiers maî-tres dans l’art de guérir. Ils eurent desdisciples chez toutes les nations. Les rois& les grands, affligés de maladies , leurdonnerent leur confiance , qui fut justifiéepar quelques succès,

Les Arabes , fiers de la noblesse de leurorigine, ont toujours fait une étude sérieusede leur généalogie ; & comme leurs ancêtres