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Tome troisième.
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pes , pour ne point se tromper dans ionjugement fur le beau & 1 agréable. Il luifout en outre certains principes ^expérien-ce , qui lui fassent connoître le beau, danstous les cas où les réglés fondamentales nele déterminent pas avec assez de précision.De - là résulte la théorie de Y architecture :il y a d abord certaines réglés dont 1 ob-servation est indispensable dans toute es-pece d’édifice, Sc dans chacune de ses par-ties , fous peine de tomber dans des défautsqui choquent & qui révoltent ; nous lesnommerons des réglés nécejsaires. Il y ena d’autres qu on peut négliger , fans qu’ilen résulte aucun défaut dans l’ouvrage,mais aulli il manquera totalement debeauté.

Nous nommerons ces dernieres des réglésnccejsoires : la théorie doit déterminer avanttoutes choses les réglés de la premiere espe-ce : elles se réduisent à la justesse, à la ré-gularité , à la liaison , à l’ordre , à l’uni-formité & à la proportion ; car les attri-buts désignés par ces termes font tellementessentiels aux bâtimens de toute espece quele moindre défaut à cet égard choqueroit unœil attentif.

Mais un édifice où l'on aura évité tout cequi pourroit choquer , peut encore n'êtrepoint un bel édifice ; pour qu'il deviennetel, il ne suffit pas que l'ccil n'y apperçoive ;rien de choquant , il faut de plus que le- :difice puisse lui plaire. Cette condition sup-pose d'abord qu'on y ait observé une exacteréunion de la pluralité avec l’unité ( Voy,l’art. Beau; ) c'est ce qu'on obtient par lavariété des parties, le nombre &c la justessede leurs proportions. La théorie doit doncenseigner sart d’arranger l'ensemble d'unbâtiment, en combinant diverses piecesqui ayent entr'elles une juste harmonie Scde belles proportions. Les auteurs qui onttraité de Yarchiteclure , n'ont pas été assezattentifs à distinguer ces deux especes deréglés ; & ce manque de précision aresserré Yarchiteclure dans des bornes tropétroites.

La plupart des architectes parlent desproportions des colonnes, Sc des ornemensdans chaque ordre , de maniéré à foire pen-ser que toutes les réglés qu'on en donnefont d'une précision 6c d'ime nécessité ab-,

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solues. Ils envisagent les écarts de ces ré-glés comme des défauts essentiels, tandisque souvent ces écarts, ou ne produisentpoint de mauvais effets, ou méme en pro-duisent un bon. Ce seroit , au jugementd'un grand nombre d'architectes, une fouteimpardonnable, que d'employer dans l’or-dre ionique ou dans le corinthien, les or-nemens que Yarchiteâure grecque donnoità la frise d’une colonne dorique. Plusieurs! poussent le scrupule si loin, qu’ils ne per-mettent pas qu’on s’écarte dans les moin-dres minutes des réglés prescrites. Vitruve»par exemple, veut que dans la frise dori-que , la largeur du triglyphe soit égaleaux deux tiers de fa hauteur , Sc que lesmétopes ayent ces deux dimensions égales.Malheur à l'architecte qui s’aviseroit derenverser ces proportions de Vitruve ;eût - il rassemblé dans son bâtiment tourles genres de beauté , ses confrères l'ac-cuseroient d’avoir commis une foute Ir-rémissible.

C'est-là un préjugé qui rétrécit trop legoût ; il n’y a de réglé fixe Sc invariable ,que celle dont la violation amene un dé-fout qui bielle nécessairement la vue , Scqui répugne à la maniéré de penser & desentir commune Sc naturelle à tous leshommes. Des réglés de cette nature fontinaltérables , il n’est point permis de s’endispenser. Mais comme il n’y a point de rai-son nécessaire pourquoi dans un tel ordre,la frise doit avoir des triglyphes , Sc dansles autres ordres , d’autres ornemens ; oupourquoi l’on donne au chapiteau corin-thien , trois rangs de feuilles plutôt quedeux, il ne fout pas non plus convertir cesbeautés accidentelles en régi s nécessaires.Il n'est pourtant que trop commun de par-donner plus facilement à l’architecte unfronton brisé , quoiqu’il choque la nature ,qu’un triglyphe qui s’écarte des dimensionsde Vitruve, bien qu’il n’en soit souvent queplus beau.

Les réglés nécessaires font fondées fur lanature de nos conceptions. Les réglés acciden-telles ne font que le résultat du coup-d’œil Scdu sentiment, dont on ne sauroit assignerles limites précises. On fait, par une longueexpérience que les architectes Grecs avoientle coup-d'ceil très-fin; que leurs propor-