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Tome troisième.
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dent de certains rapports que 1a nature amis entre f objet & 1 organe. Mais saisir cesrapports ce n’est pas imiter, c’est devinerla nature.

Ainsi procede f éloquence , elle n’imiterien : forateur n est pas un mime ; il parled’après lui , il transmet fa pensée , il expri-me ses sentimens. Mais dans le dessein d e-mouvoir, declairer , de persuader , de fairepasser dans nos cœurs Les mouvemens dulien , il choisit avec réflexion ce qu il con-noît de plus capable de nous remuer à songré. C’est encore ici l’influence de l'esprit surL’esprit, faction de famé sur lame , le rap-port des objets avec f organe du sentiment,qu’il faut étudier ; & pour maîtriser les es-prits , le foin de f orateur est de con neutrece qui les touche & peut les mouvoir àson gré.

Dans les arts mêmes dont fimitationsemble être le partage , comme la poésie ,la peinture , la sculpture, copier n'est rien ,choisir est tout. Les détails font dans lanature , mais f en semble est dans le génie.L'invention consiste à composer des massesqui ne ressemblent à rien , & qui , sansavoir de modelé , aient pourtant de la vé-rité : or , quel est dans la nature le type &la réglé de ces compositions ? Il n’y en apas efautre que la connoiflance de fhom-me , letude de ses affections , le résultatdes impressions que les objets font fur f or-gane. Cela est évident pour le choix , lemélange & f harmonie des couleurs , labeauté des contours , fëlégance des for-mes : f œil en est le juge suprême ; & lamême étude de la nature qui a démêlé lessons qui plaisent à, foreille , nous a éclairéfur le choix des objets qui plaisent aux yeux.

Même théorie à fégard de la partie in-tellectuelle de la peinture , & à fégardde la poésie qui est ì’art de peindre à fesprít.

Il est aussi impossible d’expliquer les plai-sirs de la pensée & du sentiment que ceuxde foreille & des yeux. Mais une expé-rience habituelle nous fait connoître que lafaculté de sentir & d’imaginer a dansl’hom-me une activité inquiété qui veut être exer-cée , & de telle façon plutôt que de telleautre.

La nature nous présente pêle-mêle , sisoie le dire, ce qui flatte ct ce qui blesse.

ART

notre sensibilité : or, fimitation se proposernon seulement f illusion , mais le plaisir,,c'est-à-dire, non feulementd’affecter fa-mé en la trompant, mais de faffecter com-me elle se plaît à f être. Ce choix est le secretde f art , ct rien dans la nature ne peut nousle révéler , que f étude même de f homme& des impressions de plaisir ou de peinequ’il reçoit des objets dont il est frappé.

C’est ce discernement acquis par f obser-vation , qui éclaire ct conduit fartiste ;mais il est le guide du parfumeur, commecelui du poète ct du peintre ; ct que iartimite ou n’imite pas, s'il est de son essenced’être un art d'agrément, fon principe estle choix de ce qui peut nous plaire. La dif-férence est dans les organes qu’on fe proposede flatter , ou plutôt dans les affections quechacun des arts peut produire.

Les arts d'agrément qui ne portent à fa-mé que des sensations, comme celui du par-fumeur , ne feront jamais comptés parmi lésarts libéraux. Ceux-ci ont spécialement pourorganes f œil & foreille , les deux sens quiportent à famé des sentimens ct des pen-sées v & c’est à quoi f opinion semble avoireu égard , lorsqu’èlle a marqué à chacundeux sir place & le rang qu’il devoir tenir.

Ces arts s’accordent alsiez souvent pourembellir, à frais communs le même objet ,& produire un plaisir compose de leurs im-pressions réunies : c’est ainsi que l’archi-tecture & la sculpture , la poésie & la mu-sique travailleur de concert ; mais il ne fautpas croire que ce soir dans la vue de faireplus d’illusioiî, en imitant mieux leur ob-jet. Un observateur habile a déja remar-qué que les deux amdont f-alliance étoit leplus sensiblement indiquée par leurs rap-ports ( la sculpture ct la peinture ) se nui-sent l’un à faune en se réunissant. Une belleestampe fait plus de plaisir qu’une statue co-lorée : dans celle-ci l’excès de ressemblanceôte à f illusion son mérite & son agrément..Voye ç Belle nature, Illusion , Imi-tation, &c. ( M. Ma rmonte-i.)

Beaux-Arts. Celui qui le premier don-na l’épithete de beaux , aux arts dont nous.allons parler , s’étoit fans doute apperçu queleur essence est d’allier l’agréable à futile, ou..d’embellir les objets que ì’art méduniquee. avoir, inventés.