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Tome troisième.
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A s p

racines ; car plus vous les couperez., plus àla vérité vous multiplierez les boutons,mais aulli vous en affaiblirez les racines >vos asperges dégénéreront Sc en périront plu-tôt. Lorsqu on coupe un bourgeon , il fautdécouvrir le pié de l ‘asperge avec un cou-teau dont la lame doit être longue, très-étroite , Sc dentée comme celle dune scie,pour voir 5 il ne pousse pas près de celui-ciquelqu’autre jeune bourgeon, qui, au mo-ment que son coupe le premier, pourroitêtre calsé ou froissé : ensuite on le sciera sousterre à environ trois pouces. Tout ce petitdétail pourra paroître embarrassant aux per-sonnes qui manquent de pratique ; ceux quifont dans su sage de couper les asperges, par-viendront en peu de temps à l'exécuter engrande partie : l’exécution en devient tou-tefois indispensable pour tous ceux qui cou-pent les asperges.

La maniéré d'arranger vos couches á‘as-perges fera tous les ans la même que sona indiquée pour la seconde année ; elle con-siste à enlever les mauvaises herbes , à creu-ser les allées en octobre, Sc à piquer lesasperges fur la fin de mars avec l’efpecede fourche dont nous avons parlé, êv. ;seulement on aura soin , les années suivan-tes , de répandre fur les couches un peu defumier consommé , pris fur une couche demelons ou de concombres, d'en enterreraussi quelque peu dans les allées, au mo-ment où on les creusera. La terre ainsi en-tretenue maintiendra les racines en vigueur ;Sc en suivant cette méthode, une coucheà’asperges peut durer dix à douze ans, Scproduire de bons bourgeons, sur-tout si sonobserve de ne pas les couper trop longs àchaque saison; car si on les coupe de fa-çon à empêcher les asperges de pousser d’unpeu bonne heure en juin , les racines s af-foibliront considérablement, & les bour-geons en feront plus petits. Ceux donc quivoudront avoir des asperges à sarriere sai-son feront bien d'avoir des couches à part ;ce qui vaut mieux que de gâter toute laplantation, en coupant les asperges troplongues.

Je ne puis m’empêcher de relever ici uneerreur où tombent bien des gens depuislong-temps : c'est de ne point mettre d’en-grais dans les couches ; ils se persuadentTome'IH.

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qu’il communique à Y asperge «n goût fortde pourri ; en cela , ils fe trompent : carles meilleures asperges sont celles qui crois-sent dans la terre la plus grasse ; Sc ce n estque dans la terre maigre qu’elles contractentce goût de pourri, dont on se plaint. Labonté de Y asperge dépend de la vitesse de sácrue, qui est toujours en proportion de labonté du terrein Sc de la chaleur des sai-sons : pour preuve de cela , je plantai deuxcouches à’asperges dans un terrein où j’avoismis un pié d’épaisseur de fumier ; & tousles ans , j’y en faisols mettre du nouveauextrêmement épais, les asperges qui y ontcrû , étoient infiniment plus douces qu’au-cunc autre, quoiqu’elles bouillissent dansla même eau que celles provenues d'un ter-rein maigre.

Il faut au moins cinq ou six verges deterrein, employées à planter des asperges,pour fournir à la consommation d’une pe-tite famille ; moins que cela ne feroit passuffisant : car si on ne peut en couper unecentaine à la fois, ce n'est pas la peine d'encultiver ; autrement on est obligé , pour enfaire un plat, de garder les premieres cou-pées deux ou trois jours; mais, pour unegrande famille, il faut au moins douze ver-ges de terrein, qui bien cultivées, don-neront deux ou trois cens asperges par jourdans le fort de la saison.

Mais, comme il y a bien des gens quîaiment à voir des asperges de bonne heu-re , ce qui fait un trafic considérable pourles jardiniers , je donnerai les instructionsnécessaires pour s'en procurer pendant toutl'hiver.

Il faut d'abord se pourvoir de bonnes ra-cines que l'on aura élevées foi-même , ouque l’on achetera des jardiniers qui en fontcommerce; on observera que ces racinessoient transplantées depuis deux ou troisans ; Sc après avoir déterminé le temps oùl’on veut avoir des asperges bonnes à cou-per , on préparera six ou sept semaines au-paravant du somier frais de cheval que sonamoncelera, Sc qu’on lai fiera dix ou douzejours en tas pour qu’il fermente : on y mê-lera des cendres de charbon de terre; ÒCaprès avoir bien retourné ce mélange, pouren confondre les parties, on pourra eu*Mmmm