658 À S S
mun , les Grecs à^rv^m lés La-
tins condimenta. Le mot ajsaijonnement vientselon toute apparence de ajsatio : la plupartdes assaisonnemens font nuisibles à la lanté ,Sc méritent ce qu en a dit un savant méde-cin : condimenta , gulce irritamenta ; c’ejl l’artde procurer des indigestions. Il faut pourtantconvenir qu’ilny a guere que les sauvagesqui puisent le trouver bien des productionsde la. nature j prises fans assaisonnement , &telles que k nature même les offre. Maisil y a un milieu entre cette grossièreté & lesrafinemens de nos cuisines., Hippocrate con-seilioit les ojsaìsonnemcns simples. Il vouloitqu’on cherchât a rendre les mets sains en lesdisposant à la digestion par. la maniéré deles préparer. Nous sommes bien loin de-là,& Ton peut bien assurer que rien n'tst plusrare , fur-tout fur nos tablés les mieux ser-vies j qu un aliment silubre. La diete &
1 exercice étoient les principaux ajsaisonnemensdes anciens. Ils difoient que sexercice dumatin étoit un ajsaisonnement admirablepour le dîner, & que la sobriété dans cerepas étoit de toutes les préparations la meil-leure pour souper avec appétit. Pendantk>ng-temp's le íèl, le miel Sc la crème furentles seuls ingrédiens dont on assaisonnât lesmets ; mais les Asiatiques ne s’en tinrentpas à cela. Bientôt ils einployèrent dans lapréparation de leurs alimens toutes les pro- jQuêtions de leur climat. Cette branche de laluxure se fat étendue dans la Grece, si les plus ;sages de cette nation ne s’y étoient opposés, 'Les Romains devenus riches & puistanssecouèrent le joug.de leurs anciennes loix ;& je ne fais íi nous avons encore atteint le !point de corruption où ils avdient poussé leschoses. Apicius réduisit en art, la maniéré ;de rendre îes mets délicieux. Cet art se répan-dit dans les Gaules : nos premiers rois enconnurent les conséquences -, les arrêtèrent jSc ce ne fut que sous-le régné de Henri II,que les habiles cuisiniers commenceront àdevenir des hommes importuns. (Lest unedes obligations que nous avons à cette fouled’Italiens voluptueux qui suivirent à la courCatherine de Médicis. Les choses depuis cetemps n ont fait qssempirer ; & son pourroitpreíquassurer qusil subsiste dans la sociétédeux sortes a hommes, dont les uns, qui fontnos chimistes, domestiques, travailleur fans,
À S S
cesse à nous empoisonner ; & les autres, quffont nos médecins, à nous guérir ; avec cettedifférence, que les premiers font bien plusfurs de leur fait que les seconds.
ASSANCALÉ , ville d'Arménie , furl'Aras & fur le chemin d'Erzeron.. Long. fâ;lat. A, 4<o.
* ASSANCHIF , ville d’Asie dans leDiarbek, fur le Tigre.. Long..$8 , %o ; lat.36 , 40.
*ASSAPANIC, (Hijì. nat.) efpece d’écu-reuil de la Virginie , qui nia point d’aîles :Sc qui, peut cependant voler, à ce qu’ondit, seípace d'un demi-mille, en élargissantses jambes, & distendant fa peau.. Cet ani-mal mériteroit bien une meilleure descrip-tion, ne fût-ce qu en considération dumé—chaniíme singulier qusil emploie pour volets.
* ASSARON ou GOMOR, étoit chezles Hébreux une mesure de continence.C J étoit la dixieme partie de sépha , commele dénote le nom même d ‘àjsaron , qui signi-fie dixieme. Uassaron contenoit à très-peu dechose près, trois pintes mesure de Paris. (G)
ASSASSIN, f. m. (Turisp.) homme quien tue un autre avec avantage , soit parsinégalité des armes, soit par la situationdu lieu , ou en trahison. F.. Meurtrier , .Duei , &c.
Quelques-uns disent que le mot assassinvient du Levant, où il prit f^>n origine d J uircertain prince de la famille des Arfacides,appellés vulgairement assassins , habitantentre Antioche & Damas, dans un châteauoù il élevoit un grand nombre de jeunes gensà obéir aveuglément a tous ses ordres ; il les.employoit à assassiner les princes ses ennemis..Le juif Benjamin , dans Ion Itinéraire , placeces assassins vers le mont Liban, & les appelle ■en hébreu imité de sarabe , el-ajsajln ; cequi fait voir que ce nom ne vient pas d'Arsa-cide-, mais dè sarabe afìs , infidiator , unepersonne qui íe met en embuscade. Les -assassins dont nous venons de parler-, posté -doient huit ou douze villes autour de Tyr :ils se choisi ssoient eux-mêmes un roi, qu'ils >appelloient le vieux de la montagne. En 1215.ils assassinèrent Louis de Bavière. Ils étoientmahométans , mais ils payoient quelquetribut aux chevaliers du temple. Les pro-tecteurs des ajsassms furent condamnés par le -concile de Lyon, fous Innocent JY eu ii-jju.