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decins devinrent aussi inconsidérés conrra-diòteurs des anciens qu’ils en avoient étépendant plusieurs siécles admirateurs aveu-gles ; l’influence des astres fut regardée commeune production frivole & chimérique dequelque cerveau afíecté par la lune ; & enfinl’on bannit avec une scrupuleuse sévérité desécoles tout ce qui avoit rapport à cette doc-trine , fans chercher à approfondir ce qu’ilpouvoit y avoir de vrai & d’utile. Enfin ,après que le pendule , emblème de l’efprithumain, eut vibré dans les extrémités oppo-sées , il se rapprocha du milieu ; après qu’onse sut porté à ces excès de part ct d’autre ,l’attrait de la nouveauté dissipé & ses pres-tiges évanouis , on rappella quelques anciensdogmes , on prit un chemin plus juste& plus assuré lans iuivre indistinctementtous les anciens dogmes ; on tâcha de lesvérifier : quelques observations bien cons-tatées , firent appercevoir au docteur Meadune certaine correlpondance entre quelquesphénomènes de l’économie animale & lespériodes de la lune. Il íuivit cette matière ,fit des recherches ultérieures, ct se convain-quit de la réalité d’un fait qu on n’oíoit plussoupçonner. Il communiqua sis idées dansune petite, mais excellente distèrtation, dontle titre est de l’empire du joleil & de la lune furle corps humain. Deux illustres médecins an-glois, Goad ct Kook, Rappliquèrent ensuiteà examiner le pouvoir & la force des pla-nètes à produire les vents, les pluies ct lesautres variations dans l’atmosphere, en con-séquence de leurs positions & de leurs aspects,soit avec la lune , soit principalement entreelles. Frédéric Hoffman a st ure avoir vérifiéleurs observations , ct les avoir trouvéesconformes à l’expérience : différs, de ajlror.influx, in corpore humano, Urbain Hierne ,célébré chimiste de nos jours, a de nouveauintroduit l’infiuence des aflres dans la chimie ;jl prétend que les trois fameux principes , lesel , le soufre , & le mercure dont tout corpsvisible & compréhensible est composé , résultentdes mélanges des émanations des astres Sc dequelques élémens sublunaires : " La lu-,, miere , dit-il, être immatériel émané duM soleil, parvenue fur la surface des pla-» netes, se combine avec les vapeurs qui» s’en élèvent , avec l’eau fupra-céleste quiu entre dans leur composition , se matérìa-
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[ » lise par-là , ct prend un caractère parti-j ” culier encore indéterminé suivant les pla--- netes qui la réfléchissent C’est de cettecombinaison variée que viennent les diffé-rentes influences propres à chaque planète ; ilregarde , avec Moïse, la lumière commeleur véhicule ; mais avant de parvenir à laterre , cette lumière dé j a matérialisée parl’union des atomes élevés des autres planètes,reçoit des nouvelles combinaisons dans lalune , qu il appelle , d’après les anciens ra-isins , F entonnoir de la nature , d’où elle estenfin renvoyée fur la terre, particulièrementchargée de l'efficacité de cette planète secon-daire qui se manifeste sur la mer, les faisons,les humeurs , les maladies , & les autreschoses qui obéissent à la lune. C’est cettemême lumière qui , selon ce savant chi-miste , s’unissant à la matière éthérée, à l’airplus crastè , à l’eau qui y est contenue, en-suite à l’acide universel, forme le sel qu'ilappelle astral , naturel , vierge. Des différentessolutions, décompositions & recompositionsde ce sel résulte le soufre de Vunivcrs , l’amedu monde , fils du soleil , &c. enfin l’unionamicale de ces deux substances primitivesdonne insistance à une créature d’une natureparticulière , qu’il appelle mercure catholique .Voyc^ Mercure , Sel & Soufre ; voyeçaussi l’ouvrage de Hierne , aâ. chimie. Hol -miens tom. I,cap. vj. avec les notes de Gots-chalk Valerius. M. de Sauvages , fameuxprofesseur en l’univeríité de médecine deMontpellier , fit soutenir dans ses écolesune thèse sur l’influence des aflres , où il tâche,guidé par l’observation, à l’exemple de Mead,de prendre un juste milieu entre les élogesexcessifs de médecins astrologues ct le méprisoutré des nouveaux théoriciens.
Telle est à peu près l’histoire des vérités,des conjectures, des erreurs ct des folies quiont pris naissance de l’influence des astres ;histoire toujours curieuse ct intérestante pourle philosophe , qui y voit retracé le tableauconstant ct varié des variations de l’eíprithumain. Le médecin y découvre fous d’au-tres couleurs les mêmes lcenes qui se sontpallees à l’égard de plusieurs autres dogmesthéoriques j ct quelquefois , qui pis est ,pratiques de médecine. Quoique cesopinionsaient fait moins de bruit, quoique leur absur-dité ait moins paru à découvert, ks erreurs
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