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Tome troisième.
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» ils toujours justes Sc exacts ? les hor-» loges , quelque bonnes qu elles soient,

» ne se démentent-elles pas souvent par un-- temps ou trop sec ou trop humide ì qui» peut donc assurer que l’instant auquel des-> personnes attentives auront placé la nais-" sance d’un enfant, soit le véritable mo-» ment qui réponde à son étoile ì

-> Je supposé encore avec vous qu’on ait« trouvé ce point juste , l’étoile qui a pré--- sidé , sa situation , sa force ; pourquoi» considérer entre les étoiles celles qui domi-» noient pendant que le fruit s’animoit dans j-- le ventre de la mere, plutôt que celles qui» paroisioient pendant que le corps encore -» tendre Sc l’ame ignorante d’elle - mêmew apprenoit dans fa prison à supporter patiem-, w ment la vie ì

-- Mais laissant toutes ces difficultés, je-> vous accorde que l’état du ciel étoit bien» connu au moment de la naissance : pour--- quoi faire émaner des astres un pouvoir-> absolu 3 je ne dis pas seulement sur les-- corps , mais aussi fur les volontés ; il faut» donc que ce soit d’eux que j'attende mon« bonheur ; que ma vie Sc ma mort en dé-» pendent. Ceux qui s’engagent dans le parti-- des armes , Sc qui périssent dans une-- même bataille , sont-ils nés fous la même-- constellation ; & peut-on dire qu’un vais->» seau qui doit échouer ne recevra que ceux» que leurs mauvaises étoiles auront con-« damnés en naissant à faire naufrage ?» L’expérience nous fait voir tous les jours-- que des personnes nées dans des temps-- bien diíférens, se livrent au combat, ou-- montent un vaisseau où ils périssent ,» n’ayant de commun que l’instant de la>> mort. Tous ceux qui viennent au monde» fous la même disposition du ciel, ont-ils» pour cela une même destinée pour la vie» Sc pour la mort ? Vous voyez ici le roi ;-- croyez-vous que ceux qui font nés fous la« même étoile, possedent des royaumes, ou» pour le moins des richesses, qui prouventm l’heureuse Sc favorable influence des astres»» dans leur naissance ; croyez - vous même-- qu ils aient vécu jusqu’à présent ì Voilà M.-- de Villeroy ; ceux qui sont nés fous la mê-» me planète , ont-ils fa sagesse en partage ?« sont-ils comme lui honorés dc la faveur-, du. prince r Et ceux qui font nés dans le

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même instant que vous , íont-ils tousastrologues, pour ne rien dire de pis ìQue fi quelqu'un périt par la main d’unvoleur, ion fort, dites-vous, exigeoit qu'ilfut tué par la main de ce misérable. Quoidonc, ces mêmes astres qui avoient destinéle voyageur dans le moment de fa naissance,à être un jour exposé au fer d'un assassin ,ont aussi donné à l’aííassm, peut-être long-temps avant la naissance du voyageur , l’in-tention Sc la force pour vouloir Sc pouvoirexécuter son mauvais dessein ; caries astres,à ce que vous prétendez, concourent égale-ment à la cruauté de celui qui tue , Sc aumalheur de celui qui est tué. Quelqu’unest accablé fous les ruines d’un bâtiment ;est-ce donc parce qu’il est condamné parfa destinée à être enseveli dans fa propremaison , que les murs en font tombés >On doit raisonner de même à l’occaíiondes dignités où l’on n’est élevé que parsuffrages. La planète ou les astres qui ontprésidé à la naissance d’une personne , Scqui dans vos principes lui ont destiné desgrandeurs, ont - ils pu aussi étendre leurpouvoir jusque sur d’autres hommes quin’étoient pas encore nés, de qui dépen-doient toutefois tous les effets de ces heu-reuses influences ?

» Ce qu’il pourroit y avoir de vrai , ensupposant la réalité des influences des corpscélestes , c’est que comme le soleil produitdes effets diftérens fur les choses diffé-rentes de la terre, quoique ce soit toujoursles mêmes rayons Sc la même lumière,qu’il échauffe Sc entretient quelques se-mences , qu’il en fait mourir d’autres ;qu’il dessèche de petites herbes , tandisque d’autres qui ont plus de suc résistentdavantage; de même aussi plusieurs en fansqui naissent en-même temps ressemblent àun champ préparé de différentes maniérés,selon la différence du naturel, du tempé-rament Sc des habitudes de ceux à qui ilsdoivent le jour. Cette puissance des astresqui est une pour tous ces enfans , ne doitpoint dans tous produire les mêmes effets.Si le naturel de l’enfant a quelque rapportavec cette puifl’ance, elle y dominera : s’ilest opposé , je doute même qu’elle le cor-rige, De façon que pour juger sainementquel doit être 1e caractère d’un enfant, il