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n ne faut pass’arrêter feulement à COh sidérer» les astres, il faut encore remonter aux pa-« rens, faire attention à la condition de la» mere pendant qu’elle étoit enceinte , & à» beaucoup d’autres c-hofes qui font incon-», nues.
Enfin , je vous demande , Chaldéen ,» si cette influence que vous regardez comme-, la cause du bonheur ou du malheur , de--> meurera toujours au ciel jufqu’au temps» marqué, pour descendre enluite fur terre,>* & y faire agir des mstrumens propres à ce» que les astres avoient arrêté ; ou si ren--- fermée dans f enfant, entretenue & croif--- fant avec lui, elle doit en certaines occa-», fions fe faire jour pour accomplir les dé--> crets irrévocables des astres ? Si vous pré--- tendez quelle demeure au ciel, il y a-- dans vos principes une contradiction ma-il nifeste ; car puisque le bonheur ou le-, malheur de celui qui vient au monde,» dépend de la maniéré dont les astres étoient-- joints dans le moment de fa naiífance, le» cours de ces mêmes astres semble avoir» détruit cette premiere forme , & en avoir», donné une autre peut-être entièrement» opposée. Dans quelle partie du ciel fe feraconservée cette premiere puiflance , qui-, ne doit paroìtre & jouer , pour ainsi dire,« son rôle que plusieurs années après, comme», lorsque f enfant aura quarante ans ? De», croire d’un autre côté que le destin, qui ne», doit avoir son effet, que quand cet enfant», fera parvenu à un âge plus avancé, lui soit-, attaché dès Ion enfance , c’est une imper-», tinente rêverie. Quoi donc , ce fera lui,-, qui, dans un naufrage où il doit périr,-, fera cause que les vents s’éleveront, ou que-, le pilote s’oubliant lui-même , ira échouer»» contre des bancs ? Le laboureur , dans la», campagne, aura été fauteur de la guerre qui» l’applauvrit, ou d’un temps favorable qui», doit lui donner une moiston abondante ?
»» U est vrai que quelques-uns parmi vous», publient hautement des oracles , que I e--, vénement a justifiés ; mais ces événemens>, justifiés par l’expérience , font en si petit-, nombre , relativement à la multitude des», faux oracles que vous avez prononcés vous„ & vos semblables , qu’ils démontrent eux--, mêmes le peu de cas qu’on en doit faire.-- Vous faites passer un million de mensonges
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» malheureux, à la faveur de sept ou huit-- autres qui vous ont réussi. En supposant-, que vous agissez au hasard, vous avez-- conjecturé tant de fois , que s’il y avoir-- à s’étonner de quelque chose , ce feroit-- peut-être de ce que vous n’avez pas ren--- contré plus souvent. En un mot , vous-- qui prévoyez tout ce qui doit arriver à la-- Sicile , comment n’avez - vous pas prévu» ce qui vous arrive à vous-même aujour--» d’hui ? Ignoriez - vous que je devois vous-- traverser dans votre dessein ? Ne deviez--- vous pas , pour faire valoir votre art ,-- prévenir le roi que telle personne , qui-- lèroit présente , chercheroít à vous trou--- bler ? Puifqu’enfin votre science vous dé--- couvre si le roi doit triompher de ses enne--, mis, dites-nous auparavant s’il ajoutera-- foi à vos oracles >,.
Quoique l ’astrologie judiciaire , ait été so-lidement combattue , tant par Barclay quepar d'autres auteurs célébrés , qui en ontdémontré la vanité ; on ne peut pas direqu’ils aient entièrement déraciné cette ri-dicule prévention ; elle régné encore, & par-ticulièrement en Italie. On a vu fur la findu siecle dernier un Italien envoyer au pa-pe Innocent XI une prédiction en manièred’horofcope fur Vienne , alors assiégée parles Turcs , & qui fut très-bien reçue. Dcnos jours le comte de Boulainvilliers , hom-me d’ailleurs de beaucoup d’eíprit, étoit in-fatué de Y astrologie judiciaire , fur laquelle ila écrit très-sérieusement. (G)
Tacite, au VI e liv. de ses annales, ch.xxj ,rapporte que Tibere , dans le temps qu’ilétoit exilé à Rhodes , fous le régné d’Au-guste , fe plaifoit à consulter les devins furle haut d’un rocher fort élevé au bord dela mer ; Lc que si les réponses du devin don-noient lieu à ce prince de le soupçonner d’i-gnorance ou de fourberie, il le faifoit à l’inf-tant précipiter dans la mer par un esclave.Un jour ayant consulté dans ce même lienun certain Thraíyllus fort habile dans cecart, & ce devin lui ayant promis l’empire& toutes fortes de prospérités : Puisque tues fi habile , lui dit Tibere , pourrois-tu medire combien il te rejle de temps à. vivre? Thra-fyllus, qui fe douta apparemment du mo-tif de cette question , examina ou fit sem-blant d’examiner , sans s’émouvoir, l’afpectU u u u z