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Tome troisième.
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sein des délices. » Leur indolence, dit la | prendre le parti de la religion , si tout le3 , Bruyere, va jufqu’à les rendre froids & f monde se déclaroit impie Sc libertin : la lin-indifférais fur cet article si capital, com- [ gularité leur plaît.

me fur la nature de leur ame & fur les \ Ici fe présente naturellement la célébré

,, conséquences d’une vraie religion; ils„ ne nient ces choses ni ne les accordent,3, ils n’y pensent point. " Cette espece d’a-théiíme est; la plus commune, Sc elle estaussi connue parmi les turcs que parmi

question, savoir lì les lettrés de la Chine fontvéritablement athées. Les sentimens lur celasont sort partagés. Le P. le Comte, jésuite»a avancé que le peuple de la Chine a con-servé près de 1000 ans la connoistance du

les chrétiens. M. Ricaut, secrétaire de M. j véritable Dieu ; qriils rient été accusés pu-lecomtedeWinchelsey,ambaísedeurd’An-§ bliquement d’athéisme par les autres peu-

glvterre à Constantinople , rapporte que lesathées ont formé une secte nombreuse enTurquie, qui est composée pour la plu-

J jart de cadìs Sc de personnes lavantes danses livres arabes, Sc des chrétiens renégats,qui, pour éviter les remords qriils sen-tent de leur apostasie, s’efforcent de fe per-suader qriíl ri’y a rien à craindre ni à es-pérer après la mort. Il ajoute, que cettedoctrine contagieuse s’est insinuée jusquedans le serrai!, Sc qrielle a infecté 1 appar-tement des femmes & des eunuques; quelles’est aussi introduite chez les hachas; Sc qria-près les avoir empoisonnés, elle a répanduson venin fur toute la cour ; que le sultanA murât favorisent fort cette opinion dans facour Sc dans son armée.

Il y a enfin des athées de spéculation &de raisonnement , qui, se fondant sur desprincipes de philosophie, soutiennent queles argumens contre l’existence Sc les attri-buts de Dieu, leur paroissiens plus sorts Scplus concluans que ceux qu’on employépour établir ces grandes vérités. Ces sor-tes A’athées Rappellent des athées théoriques.Parmi les anciens on compte Protagoras,Démocrite, Diagoras , Théodore, Nicanor, Ilippon , Evhemere , Epicure Sc sessectateurs, Lucrèce , Pline le jeune, ùc.Sc parmi les modernes, Averroès, Calde-rinus, Politien , Pomponace , Pierre Bem-bus, Cardan, Cassialpin , Taurellus , Cré-monin, Bérigord, Viviani, Thomas Hobbe,Benoît Spinosa, &c. Je ne pense pas qriondoive leur associer ces hommes qui riontni principes ni système, qui nsont pointexaminé la question, Sc qui ne savent qu’im-parfaitement le peu de difficulté qriils dé-bitent. Ils se font une sotte gloire de passerpour esprits forts ; ils en affectait le stylepour se distinguer de la foule, tout prêts à -

pies , que parce qriils riavoient ni templesni secrifices ; qriils étoient les moins cré-dules & les moins superstitieux de tous leshabitans de f Asie. Le P. le Gobien, aussijésuite, avoue , que la Chine riest devenueidolâtre que cinq ou six ans avant la nais-sance de J. C. D’autres prétendent que1 athéisme a régné dans la Chine jufqu’àConfuaius, Sc que ce grand philosophemême en sut infecté. Quoi qriil en soit deces temps si reculés, fur lesquels nous >Po-sons rien décider, le zele de l apostolat d’uncoté, Sc de fautre, 1 avidité insatiable des né-gocians Européens, nous ont procuré la con-noistance de la religion de ce peuple subtil,savant Sc ingénieux. Il y a trois principalessectes dans i’empire de la Chine. La pre-mière sondée par Li-laokium, adore unDieu souverain , mais corporel, Sc ayantsous se dépendance beaucoup de divinitéssubalternes, fur lesquelles il exerce un em-pire absolu. La seconde, infectée de prati-ques folles Sc absurdes, met toute se con-fiance en une idole nommée Fo ou Foë.Ce Fo ou Foc mourut à 1 âge de 79 ans ;Sc pour mettre le comble à Ion impiété,

après avoir établi l'idolâtrie durant fa vie,il tâcha d’inspirer l’athéisme à sa mort. Pourlors, il déclara à ses disciples qriil riavoitparlé dans tous ses diseours que par énigme»Sc que Ions’abusoit si l’on cherchoit horsd u néant le premier principe des choses.C’est de ce néant, dit-il, que tout est sorti,Sc c’est dans le néant que tout doit retom-ber : voilà l’abysme où aboutissait nos espé-rances. Cela donna naiísence parmi les Bon-zes à une secte particulière A‘athées , fon-dée fur ces dernieres paroles de leur maître.Les autres, qui eurent de la peine à le dé-faire de leurs préjugés, s’en tinrent aux pre-mières erreurs. D’autres enfin tâchèrent deBbbbb z