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Tome troisième.
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que, dans les écoles, on niât que l J ame hu-maine fut une nature intelligente. Qui faitsi les Chinois n’ont pas quelqu’opinionsemblable du ciel ? ainli leur athéisme n’estrien moins que décidé.

Vous demanderez peut-être commentpluíieurs philosophes anciens & modernesont pu tomber dans l’athéisme : le voici.Pour commencer par les philosophes païens,ce qui les jeta dans cette erreur énorme , cefurent apparemment les tau lies idées de ladivinité qui regnoienc alors ; idées qu’ilslurent détruire, fans lavoir édifier fur leurruine celle du vrai Dieu. Et quant auxmodernes , ils ont été trompes par dessophifmes captieux , qu'ils avoient í'efpritd'imaginer, fans avoir allez de sagacité oude j u (telle pour en découvrir le foible. Ilne fauroi: assurément y avoir à’athée con-vaincu de son lyltême , car il faudroitqu’il eût pour cela une démonstration dela non-existence de Dieu, ce qui est im-possible ; mais la conviction & la perfuaíîonfont deux choies différentes. Il n'y a quela derniere qqi convienne à Y athée. Il sepersuade ce qui n’est point: mais rien n’em-pêche qu’il ne le croie aussi fermement envertu de ses fophilmes, que le théismecroit Inexistence de Dieu en vertu des dé-monstrations qu’il en a. Il ne faut, pourcela, que convertir en objections les preuvesde l’existence de Dieu , & les objections enpreuves. Il n’est pas indifférent de com-mencer par un bout plutôt que par l’autre,k discussion de ce qu’on regarde commeun problème ; car si vous commencez parl’assirmative, vous la rendrez plus facile-ment victorieuse ; au lieu que si vous com-mencez par la négative, vous rendrez tou-jours douteux le succès de l’assirmative. Lesmêmes raisonnemens font plus ou moinsd’impreffion selon qu’ils font proposés , oucomme des preuves, ou comme des ob-jections. Si donc un philosophe débutoitd’abord par la these, il n’y a point deDieu , & qu’il rangeât en forme de preuvesce que les orthodoxes ne font venir furles rangs que comme de simples difficultés,il s’expoíèroit à l'égarement ; il Ce trouverôitsatisfait de ses preuves, & n’en voudroitpoint démordre, quoiqu’il ne sût cor unentlê débarrasser des objections car, dboit-il,

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si j’assirmois le contraire, je me vrrroisobligé de me sauver dans l’asyle de l’in*compréheníibilité. Il choisit donc malheu-reusement les incompréhenlibilités, qui nedévoient venir qu’après.

Jetez les yeux fur les principales con-troverses des catholiques &c des protestans,yous verrez que ce qui pâlie dans I’efpritdes uns pour une preuve démonstrative defaulleté , ne passe dans I’efprit des autresque pour un sophisme , ou tout au pluspour une objection spécieuse , qui fait voirqu’il y a quelques nuages même autour desvérités révélées. Les uns & les autres por-tent le même jugement des objections dessociníens : mais ceux-ci les ayant toujoursconsidérées comme leurs preuves, les pren-nent pour des raisons convaincantes : d’oiiils concluent que les objections de leursadversaires peuvent bien être difficiles àrésoudre, mais quelles ire font pas solides.En général, dès qu’on ne regarde une choieque comme l'endroit difficile d’une thesequ’on a adoptée , on en sait très - peu decas : on étouffe tous les doutes qui pour-roient s'élever, & l’on ne se permet pas>d’y faire attention ; ou, si on les examinec’est en ne les considérant que comme desimples difficultés ; & c’est par-là qu’on leur.ôte la force de faire impression fur I’efprit,Il n’est donc point surprenant qu’il y aireu & qu’il y ait encore des athées àt théo-rie , c’est-à-dire , des athées qui, par la voiedu raisonnement, soient parvenus à se per-suader qu’il n’y a point, de Dieu. Ce quile prouve encore , c’est qu’il s’est trouvédes athées que le cœur n’avoit pas séduits,,& qui n’avoient aucun intérêt à s’affrar.-chir d’un joug qui les incommodoit, Qu'un.profelleur d’athéisme, par exemple , étale-fastueusement toutes les preuves par léssquelles il prétend appuyer son système im-pie , elles saisiront ceux qui auront l’im-prudence de l’écouter, & les disposeront àne point se rebuter des objections qui sui-vent. Les premieres impressions seront com-me une digue qu’ils opposeront aux objec-tions; &, pour peu qu’ils aient de pen-chant au libertinage, ne craignez pas qu’ilsse laissent entraîner à la force de ces ob-jections.

Quoique l’expérience nous force à croire.