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Tome troisième.
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bord : mais les contradictions qu il essuyalui firent proposer sa these avec les restric-tions suivantes. >- L’idolatrie des anciens„ payens n’est pas un mal plus affreux que,, l’ignorance dc Dieu dans laquelle on„ tomberoit, ou par stupidité, ou par dé-,, faut d attention, fans une malice pré-,, méditée , fondée fur le dessein de ne„ sentir nuls remords , en s adonnant à,, toutes sortes de crimes„. Enfin, dans facontinuation des penfëes diverses, il chan-• gea encore la question. Il suppose deuxanciens philosophes, qui, s'étant mis en têted examiner 1 ancienne réligion de leur pays,cuisant observé dans cet examen les loixles plus rigoureuses de la recherche dela vérité. “ Ni lu n ni l’autre de ces deuxj, examinateurs ne se proposent de se pro-„ curer un système favorable à leurs inté-„ rets ; ils mettent à part leurs passions,,, les commodités de la vie, toute la mo-„ raie; en un mot ils ne cherchent qu’à„ éclairer leur esprit. L’un deux ayant„ comparé autant qu’il a pu sans aucun„ préjugé les preuves & les objections,3 , les réponses Lc les répliqués, conclut que„ la nature divine n'est autre chose que„ la vertu qui meut tous les corps par3 , des loix nécessaires & immuables; qu’elle,, n’a pas plus d’égard à l’homme qu’aux„ autres parties de 1 univers ; qu’elle n’en-,, tend point nos prières ; que nous ne,, pouvons lui faire ni plaisir ni chagrin,, ;c’est - à - dire, en un mot, que le premierphilosophe deviendroit athée. Le fécondphilosophe, après le même examen , tombedans les erreurs les plus grossières du pa->ganisme. M. Bayle soutient que le péché dupremier ne feroit pas plus énorme que lepéché du dernier, & que même ce der-nier auroit l’esprit plus faux que le pre-mier. On voir par ces échantillons, com-bien M. Bayle s’est plu à embarrasser cettequestion ; divers favans l'on t réfuté, 8c sur-tout M.Bernard, dans différens endroitsde ses nouvelles de la république des let-tres , & M. Warbuton, dans les disserta-tions fur l’union de la réligion, de la mo-rale & de la politique. C’est une chosetout-à-fait indifférente à la vraie réligion,de savoir lequel de l’athéisme ou de l’ido-

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du christianisme sont tellement séparés deceux de l’idolatrie payenne, qu’il n’a rienà perdre ni à gagner, soit qu’elle passe pourmoins mauvaise ou pour plus mauvaiseque ^irréligion. Mais, quand on examinele paralelle de l’athéisme par rapport à Usociété , ce n’est plus un problème indiffé-rent. Il paroît que le but de M. Bayleétoit de prouver que l’athéisme ne tendpas à la destruction de la société ; 8c c’est-là' le point qu’il importe de bien dévelop-per : mais, avant de toucher à cette partiede son système, examinons la premiere; 8cpour le faire avec ordre, n’oublions pas ladistinction qu’on fait des athées de théorie8c des athées de pratique. Cette distinction■une fois établie, on peut dire que l’athéis-me pratique renferme un degré de malice,qui ne se trouve pas dans le polythéisme :on en peut donner plusieurs raisons.

La premiere est qu’un payen qui ótoità Dieu la sainteté & la justice, lui laifìoitnon-seulement l’existence, mais aussi la con-noiílance ; au lieu qu’un athée pratique lui.ôte tout. Les payens pouvoient être regar-dés comme des calomniateurs qui fsettris-saient la gloire de Dieu ; les athées prati-ques fourragent & l’asiassinent à la fois.,Us ressemblent à ces peuples qui maudis-soient le soleil, dont la chaleur les incom-modoit, 8c qui l’eussent détruit, si celaeût été possible. Ils étouffent, autant qu’ilest en eux, la persuasion de l’existence deDieu ; 8c ils ne se portent à cet excès demalice, qu’afin de se délivrer des remords,de leur conscience.

La seconde est que la malice est le ca-ractère de l’athéisme pratique, mais quel’idolatrie payenne étoit un péché d’igno-rance ; d’où l’on conclut que Dieu estplus offensé par les athées pratiques quepar les payens , 8c que leurs crimes delese-majesté divine sent plus injurieux auvrai Dieu que ceux des payens. En effet,ils attaquent malicieusement la notion deDieu qu’ils trouvent dans leur cœur& dansleur 'esprit ; ils s’efforcent de l’érouffer ;ils agissent en cela contre leur conscience& seulement par le motif de se délivrerd’un joug qui les empêche de s’abandon-ner à toutes fortes de crimes. Ils font donclatrie est un plus grand mal. Les intérêts!directement b guerre à Dieu; 8c, ainsi a