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Tome troisième.
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agréable débauché ; Quelle utile réputation, 'par exemple, la plus parfaite vertu s’acti-re-t-elle, lorsqu elle a pour compagne lapauvreté Sc la baííeíse ? Quand, par uneelpece de miracle , elle perce les ténèbresépaisses qui Faccablent, fa lumière frappe-t-elle les yeux de la multitude ; Echauf-fe-t-elle les cœurs des hommes, Sc lesattire-t-clle vers un mérite li digne d’ad-miration? Nullement. Ce pauvre est unjhomme de bien ; on so contente de luirendre cette justice en très-peu de mots, Sc•on le laille jouir tranquillement des avan-tages foibles Sc peu enviés qu’il peut tirerde ion foible & stérile mérite. Il est vraique ceux qui ont quelque vertu , préser-veront un tel homme de l’affreufe indi-gence ; ils le soutiendront par de modiquesbienfaits : mais lui donneront-ils des mar-ques éclatantes de leur estime ? se lieront-ilsavec lui par les vœux d'une amitié que lavertu peut rendre féconde en plaisirs pursSc solides ? Ce sont là des phénomènes quine frappent guere nos yeux. Virtus laudatur& alget. On accorde à la vertu quelqueslouanges vagues ; Sc presque toujours on lalaisie croupir dans la misere. Si, dans lestristes circonstances où elle se trouve, ellecherche du secours dans son propre soin,il faut que par des nœuds indidolubles elleso lie à la religion, qui feule peut luiouvrir une source inépuisable de satisfac-tions vives & pures.

Je vais plus loin. Je veux bien supposorles hommes assez sages pour accorder l’es-time la plus utile à ce qui s’offre à leuresprit sous l’idée de la vertu. Mais cetteidée est-elle juste Sc claire chez la plupartdes hommes ? Le contraire n’est que tropcertain. Le grand nombre, dont les suffragesdécident d'une représentation, ne voit lesobjets qu’à travers sos passions Sc sos pré-jugés. Mille sois le vice usurpe chez lui lesdroits de la vertu ; mille fois la vertu laplus pure, s offrant à lui sous le faux jourde la prévention, prend une forme désa-gréable Sc triste.

La véritable vertu est resserrée dans desbornes extrêmement étroites. Rien deplus déterminé Sc de plus sixé qu’elle parles réglés que la raison lui prescrit. Adroite Sc à gauche de sa route ainsi limi-

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: tée , so découvre le vice. Par - là elle estforcée de négliger mille moyens de bril-ler & de plaire , Sc de s'exposor à paraî-tre souvent odieuse Sc méprisable. Ellemet au nombre de sos devoirs la dou-ceur , la politesse, la complaisance ; maisces moyens assurés de gagner les cœursdes hommes , sont subordonnés à la justi-ce ; ils deviennent vicieux dès qu'ils ré-chappent de l’empire de cette vertu sou-veraine , qui soûle est en droit de met-tre à nos actions Sc à nos sontimens lcsceau de l’honnête.

Il n’en est pas ainsi d’une fausse vertu :faite exprès pour la parade Sc pour servirle vice ingénieux, qui trouve son intérêtà so cacher sous ce voile imposteur , ellepeut s arroger une liberté infiniment plusétendue , aucune réglé inaltérable ne lagêne. Elle est la maîtrelse de varier sosmaximes & fa conduite félon sos intérêts ,Sc de tendre toûjours fans la moindrecontrainte vers les récompenses que lagloire lui montre. Il ne s'agit pas pour elle;de mériter la réputation , mais de la ga-gner de quelque maniéré que ce soir. Rienne l’cmpêche de so prêter aux foiblesses' de l’esprit humain. Tout lui est bon,pourvu qu’elle aille à sos fins. Est-il né-cessaire pour y parvenir , de respecter leserreurs populaires, de plier fa raison auxopinions favorites de la mode, de chan-ger avec elle de parti , de so prêter auxcirconstances Sc aux préventions publi-ques ? ces efforts ne lui coûtent rien , elleveut être admirée ; Sc pourvû qu’elle réusofisse, tous les moyens lui sont égaux.

Mais combien ces vérités deviennent-elles plus sonsibles , lorsquson fàit atten-tion que les richesses Sc les dignités pro-curent plus universellement l’eftime popu-laire , que la vertu même ! Il n’y a pointd’infamie qu’elles n’effacent Sc qu’elle?ne couvrent. Leur éclat tentera toujoursfortement un homme que l’on supposesans autre principe que celui de la vanné,en lui présentant l’appât flatteur de pou-voir s’enrichir aisément par ses injusticesscerettes ; appât si attrayant , qu’en luidonnant les moyens de gagner l’essimeextérieure du public , il lui procure en* même temps la facilité de satisfaire sos au-Dddddi