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Tome troisième.
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autres passions, & légitime pour ainsi di-re les manœuvres fecrettes , dont la dé-couverte incertaine ne peut jamais pro-duire qu’un eflet pasiager , promptementoublié , & toujours réparé par l’éclat desrichesses. Car qui ne soit que le commundes hommes, ( 8c c’est ce dont il est uni-quement question dans cette controverse )le laisse tyranniser par 1 opinion ou l’esti-me populaire ? & qui ignore que l’estimepopulaire est inséparablement attachée auxrichesses 8c au pouvoir > U est vrai qu’u-ne dalle peu nombreuse de personnes, queleurs vertus 8c leurs lumières tirent dela foule, oseront lui marquer tout le mé-

Ê ris dont il est digne ; mais il fuit no-lemcnt ses principes , l’idée q réelles au-ront de son caractère ne troublera ni sonrepo's ni ses plaisirs : ce sont des petits

Í jénies , indignes de son attention. D’ail-eurs, le mépris de ce petit nombre de sa-ges & de vertueux peut - il balancer lesrespects 8c les soumissions dont il fera en-vironné , les marques extérieures d’es-time véritable que la multitude lui pro-diguera ; Il arrivera même qu’un usa-ge un peu généreux de ses trésors mal ac-quis , les lui fera adjuger par le vulgai-re , 8c sur-tout par ceux avec qui il par-tagera le revenu de ses fourberies.

Après bien des détours , M. Bayle estcomme forcé de convenir que Y athéismetend par fa nature à la destruction de lasociété ; mais à chaque pas qu’il cede,il se soit un nouveau retranchement. Ilprétend donc , qu encore que les principesde Yathéisme puissent tendre au boulever-sement de la société, ils ne la ruineroientcependant pas , parce que les hommes na-sillent pas conséquemment à leurs princi-pes , & ne règlent pas leur vie fur leursopinions. Il avoue que la chose est étran-ge : mais il soutient qu elle n’en est pasmoins vraie, & il en appelle pour le soitaux observations du genre humain. „ Si„ cela n’étoit pas, dit - il , comment se-,, roit-il possible que ces chrétiens , qui„ connoistent 11 clairement par une révé-,, lation soutenue de tant de miracles,,, qu’il faut renoncer au vice pour être„ éternellement heureux, & pour n’êtrejj pas éternellement malheureux > qui ont

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tant d’excellens prédicateurs , tant de„ directeurs de conscience , tant de li-„ vres de dévotion ; comment seroit - il,, possible parmi tout cela que les chré-„ tiens vécussent, comme ils font , dans„ les plus énormes déréglemens du vice ,,;Dans un autre endroit, en parlant de cecontraste , voici ce qu’il dit : ,, Cicéron,, l’a remarqué à l’égard de plusieurs épi-,. curiens qui étoient bons amis, honnê-,, tes gens , 8c d’une conduite accommo-„ dée , non pas aux désirs de la volupté ,„ mais aux réglés de la raison,, Ils vi-vent mieux , dit - il , qu’ils ae parlent ; aulieu que les autres parlent mieux qu’ils nevivent. On a fait une semblable remarquesur la conduite des stoïciens : leurs prin-cipes étoient, que toutes choses arriventpar une fatalité si inévitable , que Dieului - même ne peut ni n’a jamais pû févi-rer. ,, Naturellement, cela devoit les con-„ duire à ne s’exciter à rien , à n’user,, jamais ni d’exhortations , ni de mena-,, ces , ni de .censures, ni de promesses »„ cependant, il n’y a jamais eu de philo-,, sophes qui se soient servis de tout cela,, plus qu’eux , 8c toute leur conduite„ soisoit voir qu’ils se croyoient entiere-„ ment les maîtres de leur destinée,,. Deces différens exemples M. Bayle conclutque la réligion n’est point aussi utile pourréprimer le vice qu’on le prétend , 8cque l ’athéisme ne cause point le mal quel’on s’imagine , par l’encouragement qu’ildonne à la pratique du vice , puisque depart 8c d’autre on agit d’une maniérécontraire aux principes que Bon soit pro-fession de croire. II seroit infini , ajoûte-t-ii , de parcourir toutes les bisarreries deFhomme ; c’efi un monjlre plus monflrueuxque les centaures & la chimere de la fable.

A entendre M. Bayle , l’on seroit tentéde supposer avec lui quelqu’obscuritémystérieuse dans une conduite li extraor-dinaire , éc de croire qu’il y auroit dansl’homme quelque principe bisorre qui ledilpoíeroit, fans savoir comment, à agircontre ses opinions , quelles qu’elles fus-sent. C’est ce qu’il doit nécellairementsupposor , ou ce qu’il dit ne prouve rien,de ce qu’il veut prouver. Mais si ce prin-cipe , quel qu’il soit, loin de porter l’hfiitt»