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Tome troisième.
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que Y athéisme joint au. fatalisme, réaliseradans la pratique les spéculations que l’idéefeule du fatalisme n’a jamais pû faire palierjusque dans la conduite de ceux qui enont soutenu le dogme.

Si larguaient de M. Bayle est vrai enquelque point, ce n est qu’autant que sonathée s'écarteroit des notions superficielles6c légeres que cet auteur lui donne furla nature de la vertu & des devoirs mo-raux. En ce point, l’on convient que 1 ’athéeest encore plus porté que le théiste à agircontre ses opinions. Le théiste ne s’écartede la vertu , qui , suivant ses principes,est le plus grand de tous les biens , queparce que ses pallions l’empêchent, dans lemoment de faction , de conlìderer ce biencomme partie nécessaire de son bonheur.Le conflit perpétuel qu’il y a entre sa rai-son 6c ses passions, produit celui qui setrouve entre sa conduite 6c ses principes.Ce conflit n’a point lieu chez l ‘athée ; lesprincipes le conduisent â conclure que lesplaiíìrs sensuels font le plus grand de tousles biens ; 6c ses passions , de concertavec des principes qu'elles chériíïent , neeuvent manquer de lui faire regarder ceien comme partie nécessaire de son bon- ■heur : motif dont la vérité ou l’illuiiondétermine nos actions. Si quelque choseest capable de s’opposer à ce désordre,6c de nous f lire regarder la vertu commepartie nécessaire de notre bonheur , se ra-ce l’idée innée de fa beauté ? fera - ce lacontemplation encore plus abstraite de ladifférence ellentielle avec le vice ? ré-flexions qui font les seules dont un athéepuilse faire usage : ou ne sera - ce pasplutôt l’opinion que la pratique de la ver-tu , telle que la réligion l’enseigne , estaccompagnée d’une récompense infinie,6c que celle du vice est accompagnée d’unchâtiment également infini ? On peut ob-server ici que M Bayle tombe en contra-diction avec lui - même : là , il voudroitfaire accroire que le sentiment moral 6cLa différence ellentielle des choses suffisentpour rendre les hommes vertueux ; 6cici , il prétend que ces deux motifs réunis,6c soutenus de celui d’une providence quirécompense 6c qui punit , ne sont pres-que d’aucune efficacité.

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ï Mais, dira M. Bayle , l’on ne doit pass’imaginer qu'un athée , précisément par-ce qu’il est athée , & qu’il nie la provi-dence , tournera en ridicule ce que les au-tres appellent vertu 6c honnêteté ; qu’il ia-ra de faux sermens pour la moindre cho-se ; qu’il se plongera dans toutes sortesde désordres ; que s’il se trouve dans unposte qui le mette au - delsus des loix hu-maines , aussi - bien qu’il s'est déjà misau - dessus des remords de fa conscience,il n’y a point de crime qu’on ne doiveattendre de lui ; qu’étant inaccessible àtoutes les considérations qui retiennent un

, théiste , il deviendra nécellàirement le plusgrand 6c le plus incorrigible scélérat del’univers. Si cela étoit vrai, il ne le seroitque quand on regarde les choses dansleur idée , & qu’on fait des abstractionsmétaphysiques. Mais un tel raisonnementne se trouve jamais conforme à l’expé-rience. L 1 athée n’agit pas autrement quele théiste, malgré la diversité de ses prin-cipes. Oubliant donc dans l’uíage de lavie 6c dans le train de leur conduite,les conséquences de leur hypothèse, i’svont tous deux aux objets de leur incli-nation ; ils suivent leur goût , 6c seconforment aux idées qui peuvent flatterl’amour-propre : ils étudient, s’ils aimentla science ; ils préfèrent le sincérité à lafourberie, s’ils (entent plus de plaisir aprèsavoir fait un acte de bonne-foi qu’aprèsavoir dit un mensonge ; ils pratiquent lavertu, s’ils sont sensibles à la réputationd’honnête homme : mais si leur tempé-rament les pousse tous deux vers la dé-bauche , 6c s’ils aiment mieux la voluptéque l’approbation du public , ils s’aban-donneront tous deux à leur penchant,le théiste comme Y athée. Si vous en dou-tez , jetez les yeux fur les nations quiont différentes réligions, 6c fur celles quin’en ont pas , vous trouverez par-tout lesmêmes passions : l’ambition , l’avarice,l’envie, le désir de se venger , l’impudi-cité 6c tous les crimes qui peuvent satis-faire les passions, font de tous les pays 6cde tous les siécles. Le juif 6c le maho-métan , le turc 6c le maure, le chrétien& l’infidele , l’indien 6c le tartare, l’ha-bitant de terre-ferme 6c l’habitant des