AVE
toit une épingle à grosse tête au centred’un de ses quarrés , & rien dans les au-tres trous. ( Foyez, fig. 15.) Pour dési-gner le nombre 1 , il mettoit une épingleà petite tête au centre d’un petit quarré.Pour désigner le nombre z, il mettoitune épingle a groíïè tête au centre , &au-dessus dans la même ligne , une petiteépingle dans le trou correspondant. Pourdésigner 3 , la grosïe épingle au centre,
& la pente dans le trou au-dessus à droi-te , & ainsi de fuite , comme on voitfig- 15- ou les gros points noirs marquentles grosss épingles, & les petits , lespetites épingles. Ainsi Saunderson enmettant le doigt sur un petit quatre ,voyou tout d’un coup le nombre qu’ilrepresentoit, & en jettant les yeux sur la
r Ure AA^ : 011 Couvera comment il faisoitles additions par le moyen de ses petitsquartes. Cette fig. 16 représente ì'addi-tion lui vante.
1 2 3 4 5
2 3 4 5 6
34567
45678
5678g
67890
7 8 90 1
8 9 o 1 z
9 o 1 z 3
En paflant successivement les doigtsiur chaque rangée verticale de haut enbas , il faisoit Paddition à la maniéré or-dinaire & en marquoit le résultat par desépingles mises dans de petits quarrés, auk^sdes nombres susdits.
Cette même table remplie de petitsquarrés , lui servoient à faire des démons-trations de Géométrie. II disposoit lesgioíìes épingles dans les trous , de ma-mere qu’elles avoient la direction d’une>gne droite, ou qu’elles formoient unpolygone, &c.
Saunderson a encore laissé quelquesmachines qui lui facilitoient l’étude dela Géométrie : mais on ignore Pusagequ’il en faisoit.
U nous a donné des élémens d’Algèbre,auxquels on n’a rien publié de supérieurdans cette matière : mais, comme l’ob-
AYE 37
serve fauteur, des élémens de Géométriede fa façon auroient encore éré plus cu-rieux. Je fais d’une personne qui Pa connu ,que les démonstrations des propriétésdes solides qui coûtent ordinairement tanede peine, à cause du relief des parties,n’étoient qu’un jeu pour lui. II se pro-»menoit dans une pyramide , dans un ico-fahedre , d’un angle à un autre , avesune extrême facilité , il imaginoit dansces solides différens plans & différentescoupes íàns aucun effort. Peut - être parcette raison, les démonstrations qu’il enauroit données, auroient - elles été plusdifficiles à entendre, que s’il n’eût pasété privé de la vûe : mais ses démonstra-tions fur les figures planes auroient étéprobablement fort claires , & peut-êtrefort singulières : les commençans & lesphilosophes en auroient profité.
Ce qu’il y a de singulier , c’est qu’ilfaisoit des leçons d’Optíques : mais celane paroîtra surprenant qu’à la multitu-de. Les philosophes concevront aisémentqu’un aveugle , sans avoir d’idéede la lu-mière & des couleurs , peut donner desleçons d’Optique : en prenant, commefont les Géomètres , les rayons de lumière ■pour des lignes droites , qui doivent êtredisposées suivant certaines loix ; pourproduire les phénomènes de la vision ,ou ceux des miroirs & des verres.
Saunderson , en parcourant avec lesmains une fuite de médailles , discernoitles fausses , même lorsqu’elles étoient a fiezbien contrefaites pour tromper les bonsyeux d’un connoisièur. II jugeoit deí’exac-titude d’un instrument de mathématique ,en faiíìint passer ses doigts fur les divi-sions. Les moindres vicissitudes de Pat-mosphere l’affectoient, comme \ aveugledont nous avons parlé ; & il s’apperce-voit, sur-tout dans les tems calmes , dela présence des objets peu éloignés delui. Un jour qu’il affistoit dans un jardinà des observations astronomiques, il dis-tingua par i’impreffion de Pair sur sonvisage, le tems où le soleil étoit couvertpar des nuages ; ce qui est d’autant plussigulier , qu’il étoit totalement privé,non-seulement de la vue , mais de l’organe.Jç dois avertir ici quç la prétendue