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Tome quatrième.
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histoire des derniers momens de Saun-ccrson, imprimée en Anglois selon sau-teur , est absolument suppose. Cettesupposition que bien des érudits regar-dent comme un crime de lese-érudition,ne seroit qu’une plaisanterie , si l’objetn’en étoit pas aussi sérieux.

L’auteur fait ensuite mention en peude mots , de plusieurs autres illustresaveugles qui, avec un sens de moins ,étoient parvenus à des connoistànces sur-prenantes ; & il observe, ce qui est fortvraisemblable ; que ce Tiréíie , qui étoitdevenu, aveugle pour avoir lû dans lesíecrets des Dieux , & qui présidoit l’ave-nir , étoit , selon toute les apparences ,un grand philosophe aveugle , dont lalabié nous a conservé la mémoire. Neseroit-ce point peut-être un Astronometrès-fameux , qui prédisoit les éclipses(ce qui devoir paraître très - singulier àdes peuples ignorans ) & qui] devintaveugle fur la fin de ses jours , pour avoirtrop fatigué ses yeux à des observationssubtiles & nombreuses , comme Galilée& Caffini ?

11 arrive quelquefois qu’on restitue lavûe à des aveugles nés \ témoin ce jeunehomme de treize ans, à qui M. Chesel-den , célébré chirurgien de Londres ,abattit la cataracte qui le rendoit aveu-gle depuis fa naissance. M. Cheseldenayant observé la maniéré dont il com-mençoit à voir ; publia dans Je n°. 402.des ‘‘Transactions philosophiques , & dansle 55 e art. du Tatlct ( c'est-à-dire duBabillard ) , les remarques qu’il avoirfaites à ce sujet. Voici ces remarquesextraites du Z- volume de Y Histoire na-turelle de MM. de Buffon & d’Auben-ton. Ce jeune homme , c\\\6\c\vl aveugle ,pouvoit distinguer le jour de la nuit,comme tous ceux qui font aveugles parune cataracte. II distinguoit même uneforte lumière , le noir , le blanc & l’écar-Jate : mais il ne discernoit point la formedes corps. On lui fit d’abord l’opérationfur un seul œil : au moment où il com-mença de voir : tous les objets lui paru-rent appliqués contre ses yeux. Les ob-jets qui lui étoient les plus agréables,fans qu’il pût dire pourquoi, étoient ceux

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dont la forme étoit régulière ; il ne re-connoistòit point les couleurs qu’il avoirdistinguées à une forte lumière étantaveugle il ne discernoit aucun objetd’un autre , quelque différentes qu’enfuííènt Ies^ formes : lorsqu’on lui présen-toit les oojets qu’il connoissoit aupara-vant par le toucher , il les confîdéroit avecattention pour les reconnoître une autrefois ; mais bientôt il oublioit tout > ayanttrop de choses à retenir. II étoit fortsurpris de ne pas trouver plus belles queles autres, les personnes qu’il avoir ai-mées le mieux. II fut long-temps fans re-connoître que les tableaux représentoientdes corps solides ; il les regardoit commedes plans différemment colorés : maislorsqu’il sut détrompé ; & qu’en y por-tant la main il ne trouva que des surfa-ces , il demanda si c’étoit la vûe ou letoucher qui trompoit. II étoit surprisqu’on pût faire tenir dans un petit es-pace la peinture d’un objet plus grandque cet espace ; par exemple un visagedans une miniature ; & cela lui paroif-soit aussi impossible que de faire tenirun boisseau dans une pinte. D’abord ilne pouvoit souffrir qu’une très-petitelumière ; & voyoit tous les objets fortgros; mais les premiers se rappétiísoientà mesure qu’il en voyoit de plus gros.Quoiqu’il fut bien que la chambre où ilétoit, étoit plus petite que la maison ;il ne pouvoit comprendre comment lamaison pouvoit paroître plus grande quela chambre. Avant qu’on lui eût rendula vue , il n’étoit pas fort empressé d’ac-quérìr ce nouveau sens ; il ne connoistoitpoint ce qui lui manquoit, & sentoientmême qu’il avoit à certains égards dés-avantagés fur les autres hommes : maisà peine commença-t-il à voir distincte-ment , qu’il fut transporté de joie. Unan après la premiere opération , on luifit l’opération fur l’autre œil ; & elleréussit également ; il vit d’abord de cesecond mil , les objets beaucoup plus grosque de l’autre , mais cependant moinsgros qu’il ne les avoit vûs du premierœil; & lorsqu’il regardoit le même objetdes deux yeux à la fois , il , difbit quecet objet lui. paroiíîbit une fois plus