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Tome quatrième.
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B

Enfin le mot alphabetum dont l’usage9*est conservé jusqu’à nous, fait bien voirque beta est la véritable prononciation dela lettre dont nous parlons.

On divise les lettres en certaines classes,selon les parties des organes de la parolequi fervent le plus à les exprimer ; ainsile b est une des cinq lettres qu’on ap-pelle labiales , parce que les levres fontprincipalement employées dans la pronon-ciation de ces cinq lettres , qui font b , p,m, f, v.

Le b'est la foible du p : en ferrant unpeu plus les levres , on fait p de b , & fede ve ; ainsi il n’y a pas lieu de s’en-tonner si l’on trouve ces lettres l’unepour Pautre. Quintilíen dit que quoiqueI on écrive obtinuit , les oreilles n’en-tendent qu’un p dans la prononciation ,optmuït : c’est ainsi que de fer ib o on faitfcrìpfi.

Dans les anciennes inscriptions on trouveapfens pour abfens , pteps pour plebs,puplicus pour publicus , &c.

Cujas fait venir aubaine ou aubeneà’advena , étranger , par le changementde v en b : d’autres disent aubains quasialibi nati. On trouve berna au lieu devertu.

Le changement de ces deux lettreslabiales v , b , adonné lieu à quelques jeuxde mots, entr’autres à ce mot d’Áurélien,au sujet de Bonose qui pastòit sa vie àboire : Natus eft non ut vivat , fed utbibat. Ce Bonose étoit un capitaine ori-ginaire d’Espagne ; il se sit proclamer em-pereur dans les Gaules fur la fin du troi-sième siecle. L’empereur Probus le fitpendre , & l’on disait , c'eft une bouteillede vin qui eft pendue.

Outre le changement de b en p ou en v ,on trouve aussi le b changé en/ ou enç parce que ce sont des lettres labiales ;ainsi de Pfí/t» est venu frenio 3 & au lieude fibìlare , on a dit sisilare , d’ou estvenu notre mot siffler. C’est par ce chan-gement réciproque que du grec dftpa lesl atins ont fait ambo-

Plutarque remarque que les Lacé-démoniens changeaient le <P en b ; qu’ainsiils prononçaient Bìlippe au lieu dePhilippe »

On pourrait rapporter un grand nom-bre d’exemples pareils de ces permuta-tions de lettres ; ce que nous venons d’endire nous paraît suffisant pour faire voirque les réflexions que l’on fait fur l’éty-mologie , ont pour la plupart un fonde-ment plus solide qu’on ne le croit com-munément.

Parmi nous les villes où l’on bat mon-naie , font distinguées les unes des autrespar une lettre qui est marquée au bas del’écu de France. Le B fait connaître quela piece de monnaie a été frappée àRouen.

On dit d’un ignorant, d’un homme fanslettres , qu’// ne sait ni a ni b. Nouspouvons rapporter ici à cette occasion ,l’épitaphe que M, Ménage fit d’un certaiiiabbé :

Ci-defsous git monsieur l'abb/

Qui ne savoit ni a ni b ;

Dieu nous en doint bientôt un autreQui sache au moins fa patenôtre, (f)

B, lettre numérale, désignait 300 chezles Romains, & 3000 lorsqu’elle étoitchargée d’une petite ligne en cette ma-niéré B. La lettre B ne valait que deuxchez les Grecs , comme chez les Hé-breux ; mais les Grecs, en lui mettantun accent, lui faisaient signifier 200.

B , abréviation chymique , signifie bal -neum , bolus , & B. A. balneum maria ,balneum arena , bolus armenïa..

Quant aux abbréviations de B & á leursdifférentes significations fur les médailles& inscriptions, Voyez. ABRÉVIATION,

B , dans les inscriptions , signifie quel-quefois binus. On y trouve bixit pourvixit , berna pour ver n a ; parce que les.ancienscomme on l’a dit plus haut,employaient souvent le b pour l’v con-sonne.

Les Egyptiens dans leurs hiéroglyphes ,exprimoient le b par la figure d’une bre-bis , à cause de la ressemblance qu’il y aentre le bêlement de cet animal &: le sonde la lettre b. (Gj

B , FA , Sr , ou B FA , B , MI , ousimplement B , est le nom d’un des septsons de la gammé de l’Aretin, dans le-