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« i. La cause du peu de progrès qu’ond a faits jufqu’ici dans les Sciences, vient» de ce que les hommes fe font con-„ tentés d’admirer les prétendues forces„ de leur esprit, au lieu de chercherles moyens de remédier à fa foiblestè.„ 2. La logique fcholastique n’est pas-, plus propre à guider notre esprit dans,, les Sciences , que les sciences , dans„ l’état ou elles font , ne font propres„ à nous faire produire de bons ouvrages.
„ 3. La logique fcholastique n’est bon-,, ne qu’à entretenir les erreurs qui font„ fondées fur les notions qu’on nous,> donne ordinairement : mais elle est,, absolument inutile pour nous faire-, trouver la vérité.
» 4. Le syllogisme est composé deí> propositions. Les propositions font,, composées de termes , & les termes-, font les signes des idées. Or si les„ idées qui font le fondement de tout,„ font confuses , il n’y a rien de solide„ dans ce qu’on bâtit dessus. Nous n’a-„ yons donc d’efpérance que dans de,> bonnes inductions.
„ 5. Toutes les notions que donnent„ la Logique & la Physique font ridi—„ cul es. Telles font les notions de suis>7 tance , de qualité , de pejauteur, de„ légéreté , &c.
„ 6. Il n’y a pas moins d’erreur dâns„ les axiomes qu’on a formés jufqu’ici» que dans les notions ; de forte que,> pour faire des progrès dans les fcien-» ces , il est nécestàire de refaire tant,, les notions que les principes : en un„ mot , il faut pour ainsi dire , refon-)> dre l’entendement.
„ 7. Il y a deux chemins qui peuvent,, conduire à la vérité. Par l’un on s’é-leve de l’expérience à des axiomes trcs-„ généraux ; ce chemin est déjà connu :„ par f autre on s’éleve de l’expérience„ à des axiomes qui deviennent géné-,) raux par degrés , jufqu’à ce qu’on par-„ vienne à des choses très-générales. Ce» chemin est encore en friche , parce,> que les hommes fe dégoûtent de l’ex-„ périence , & veulent aller tout d’un» coup aux axiomes généraux , pour fereposer.
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« 8 * Ces deux chemins commencent» tous les deux à l’expérience & aux» choses particulières ; mais ils font d’ail-" leurs bien différents : pâr l’un on ne" fait qu’effleurer l’expérience ; par l’au-" tre on s’y arrête : par le premier on" établit dès le second pas des principes» généraux & abstraits ; par le second ,» on s’éleve pâr degrés aux choses uni-,, verfelles , &c.
» q. II ne s’est encore trouvé perfon-» ne qui ait eut assez de force & de» constance , pour s’imposer la loi d’ef-7) facer entièrement de son esprit les
théories & les notions communes qui» y étoient entrées avec le temps ; de,> faire de son ame une table rase ,» s’il est permis de parler ainsi ; & de7) revenir ainsi fur ses pas pour exami-7 > ner de nouveau toutes les connoiíïàn-77 ces particulières qu’on croit avoir ac-77 quifes. On peut dire de notre raison „,, qu’elle est obscurcie & comme accablée77 par un amas confus & indigeste de no»,, tions, que nous devons en partie à no-» tre crédulité pour bien des choies77 qu’on nous a dites , au hasard qui nous77 en a beaucoup appris , & aux préju-77 gés dont nous avons été imbus dans
77 notre enfance.II faut se flatter
7 > qu’on réustìra dans la découverte de77 la vérité , & qu’on hâtera les pro-77 grès de l’esprit, pourvu que , quit-7} tant les notions abstraites , les fpé-77 dilations métaphysiques , on ait re-,> cours à l’analysc , qu’on décompose les77 idées particulières , qu’on s’aide de77 l’expérience, & qu’on apporte à l’é-77 tude un jugement mûr, un esprit droit,, & libre de tout préjugé.... On ne doit,» espérer de voir renaître les Arts & les,, Sciences, qu’autant qu’on refondra en-,, tiérement ses premières idées , & que77 l’expérience sera le flambeau qui nous77 guidera dans les routes obscures de„ la vérité. Personne jufqu’ici , que nous77 sachions , n’a dit que cette réforme77 de nos idées eût été entreprise , ou,, même qu’on y eût pensé ,1.
On voit par ces aphorifmes , que Ba-con croyoit que toutes nos connoijfan -ces viennent des sens. Les Péripatéticiens
avaient