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Tome quatrième.
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BAI

chez les Romains. « II n’y a personne», parmi nous, quelque grossier qu’il soit,„ dit Cicéron, qui ne cherche à éviter„ le concours des voyelles , & qui ne„ les réunisse dans l’occasion. „ Quod qui-dem latina linguafic observât ; nerno uttam rujhcus fit , quin vocales nolit con-j urigere. Cic. Orator. n Q . 150. Pour nous,excepté avec quelques monosyllabes, nousne saisons usage de l’élision que lorsquele mot suivi d’une voyelle est terminépar un e muet, par exemple, une sin-cère amitié , on prononce fincer - amitié.On élide auílì 1 ’i de fi en fi il , qu’onprononce t'il ; on dit aussi m'amie dansre style familier , au lieu de ma amie oumon amie : nos peres disoient m!amour.

Pour éviter de tenir la bouche ou-verte entre deux voyelles , & pour seprocurer plus de facilité dans la pro-nonciation , le méchanisme de la parolea introduit dans toutes les langues , ou-tre l’élision, l’usage des lettres euphoni-ques , & comme dit Cicéron, on a sa-crifié les réglés de la Grammaire à lafacilité de la prononciation : Confiuetu-dmi auribus indulgenti libenter objequor

. Impetratum est à confiuetudine

ut peccare Juavitatis causa lìceret. Citer.Orator. n. 158. Ainsi nous disons moname , mon épée , plutôt que ma ame ,ma épée. Nous mettons un t euphoni-que dans y a-t-il , dira-t-on ; & ceuxqui au lieu de tirer un trait d’unionmettent une apostrophe après le t , fontune faute : l’apostrophe n’est destinéequ’à marquer la suppression d’une voyelle,or il n’y a point ici de voyelle élidéeou supprimée.

Quand nous disons fi Von au lieu defi on , f n’est point alors une lettreeuphonique, quoi qu’en dise M. l’abbéGirard, tom. I. pag. 344. On est un abrégéde homme ) on dit son comme ondit Chomme. On nia dit, c’est-à-dire,un honitm , quelqu'un m'a dit. On ,marque une proposition indéfinie, i*di-viduum vagum. II est vrai que quoiqu’ilsoit indifférent pour le sens de dire ondit cu fondit , l’un doit être quelque-fois préféré à l’autre, selon ce qui pré-cédé ou ce qui suit, c’est à Poreille àTome l V.

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le décider ; & quand elle présente Von ausimple on , c’est souvent par la raison del’euphonie , c’est-à-dire , par la douceurqui résulte à l’oreille de la rencontre decertaines syllabes. Au reste ce mot eu-phonie est tout grec iv , bien , & faviìJon.

En grec le v , qui répond à notre n ,étoit une lettre euphonique, fur-touraprès l’« & 1’/ : ainsi au lieu de direìí/COTi avJ'pîí viginti viri, ils disent tt-Xomv dvS'pts fans mettre ce v entre lesdeux mots.

Nos voyelles font quelquefois suiviesd’un son nasal , qui fait qu’on les ap-pelle alors voyelles nasales. Ce son na-sal est un son qui peut être continué,ce qui est le caractère distinctif de toutevoyelle : ce son nasal laisse donc la bou-che ouverte ; & quoiqu’il soit marquédans l’écriture par une n , il est une vé-ritable voyelle : & les poètes doiventéviter de le faire suivre d’un mot quicommence par une voyelle à moins quece ne soit dans les occasions où l’usage aintroduit une n euphonique entre la vo-yelle nasale & celle du mot qui suit.

Lorsque l’adjectif qùi finit par un sonnasal est suivi d’un substantif qui com-mence par une voyelle , alors on met Y neuphonique entre les deux, du moinsdans la prononciation ; par exemple, un-n-ensant , bon-n-homme , commun-n-ac-cord, mon-n-ami. La particule on estaussi suivie de Yn euphonique, on-n-a.Mais si le substantif précede, il y a or-dinairement un bâillement ; un écran il-luminé , un tyran odieux , un entretienhonnête , une citation équivoque , unparfum incommode , on ne dira pas untyran-n-odieux , un entretien-n- honnête ,&c. On dit aussi un bafiìn à barbe , &non un bassm-n-à-barbe. Je fais bien queceux qui déclament des vers où le poèten’a pas connu ces voyelles nasales, ajou-tent Yn euphonique , croyant que cetten est la consonne du mot précédent :un peu d’attention les détromperoit :car , prenez-y-garde , quand vous ditesil ejì bon-n-homme , bon-ami , vousprononcez bon & ensuite n-homme ,n-ami. Cette prononciation est encoreplus désagréable avec les diphthongues

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