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Tome quatrième.
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2 1S BAI

nasales , comme dans ce vers d'un de nosplus beaux opéra.

Ah l j’attendrai, long-temps la nuit est loin encore;

où l’acteur pour éviter le bâillement pro-nonce loin-n-encore , ce qui est une pro-nonciation normande.

Le b & le d sont aussi des lettreseuphoniques. En latin ambirt est com-posé de l’ancienne préposition am , donton se servoit au lieu de circum , & deire ; or comme am étoit en latin unevoyelle nasale , qui étoit même élidéedans les vers , le b a été ajouté entream & ire , euphonies causa.

On dit en latin projum , profumus ,profui ; ce verbe est composé de lapréposition pro , & de fum ; mais siaprès pro , le verbe commence par unevoyelle, alors le méchanisme de la paroleajoute un d , profutn , pro d - es , pro-d - est , pro-d-eram , &c. On peut fairede pareilles observations en d’autres lan-gues ; car il ne faut jamais perdre de vueque les hommes sont par - tout deshommes , & qu’il y a dans la nature uni-formité tk variété. ( F)

BAILLER , v. neut. respirer en ou-vrant la bouche extraordinairement &involontairement, bâiller d’ennui, bâillerde sommeil. Foy .BAILLEMENT ci-deísus.(L)

BAILLET , adj. ( Manege. ) chevalbaillet, est celui qui a le poil roux ti-rant sur le blanc. ( V)

* BAILLEUL ou BELLE , ville deFrance , au comté de Flandres. Long 20.25. lat. 50. 45.

BAILLEUR, f. m. terme de Pratique ,est celui des deux parties contractantesdans un bail ,, qui loue ou afferme fapropre chose. II est opposé à preneur.Voy. Preneur, {h)

BAILLI, s. m. ( Hijl. mod. & Jurìf-prud. ) on entend en général par cemot , un officier chargé de rendre la jus-tice dans un certain district appellé bail-liage. Voye\ Bailliage.

Ce mot est sormé de balle , vieuxterme qui signifie gouverneur , du latinbajulus qui a la même signification.Pasquiçr allure que les baillis étoient

B A í

originairement une sorte de íubdélégués ,que l’on envoyoit dans les provinces pourexaminer si les comtes , qui alors étoientdes juges ordinaires , rendoient exacte-ment la justice. Loiseau rapporte plusvraisemblablement l’origine des baillis ,à l’usurpation & à la négligence desgrands seigneurs , qui s’étant emparés del’administration de la justice , & étanttrop foibles pour ce fardeau , s’en dé-chargèrent fur des députés qu’on appellabaillis. Ces baillis eurent d’abord l’ins-pection des armes & l’administration dela justice & des finances : mais commeils abusèrent de leur pouvoir , ils ervfurent insensiblement dépouillés , & laplus grande partie de leur autorité futtransférée à leurs lieutenants qui étoientgens de robe : en France les baillis ontencore une ombre de leurs anciennesprérogatives , & sont considérés commeles chefs de leurs districts r c’est en leurnom que la justice s’administre ; c’est de-vant eux que sc passent les contrats &les autres actes , & ce font eux qui ontle commandement des milices.

C’est de-là que les baillis d’Angleterreont pris leur nom & leur office : commeil y a en France huit parlements qui fontdes cours suprêmes , des arrêts deíquelsil n’y a point d’appel ; & que dans leressort de plusieurs parlements ou dedifférentes provinces , la justice est ren-due par des baillis ou du moins par leurslieutenants : de même il y a en Angle-terre différons comtés , dans lesquels la- justice est administrée par un vicomte oushérif , qui paroît vraisemblablementavoir été appellé bailli , & son districtbailliage.

Le bailli dans l’origine étoit donc un-feieneur qui avoir dans l’étendue de sonbailliage , l’administration de la justicele commandement des armes & le ma-niement des finances. De ces trois pré-rogatives , il ne leur reste plus que lecommandement du ban & de Barrière—ban. Quant à l’administration dela justice,,ce ne sont plus que des juges titulaires.Les sentences & les commissions s’expé-dient bien en leur nom : mais ce sont# leurs lieutenants de robe qui rendent